Disparitions forcées : des experts de l'ONU plaident pour de nouvelles stratégies

Le Président du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires, Olivier de Frouville. Photo: ONU/Paulo Filgueiras

19 juillet 2013 – À l'occasion de sa 100e session, le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires a appelé vendredi à la mise en place de nouvelles stratégies pour lutter contre ce crime et combattre l'impunité.

« L'évolution de la situation des disparitions forcées nécessite de nouvelles stratégies pour lutter contre ce crime », ont déclaré les experts lors d'un événement public organisé à cette occasion.

« Ce n'est pas un crime du passé, au contraire, c'est un phénomène qui touche toutes les régions du monde, souvent sous le prétexte fallacieux qu'il s'agit d'un outil utile pour la sécurité nationale et lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée », ont-ils ajouté.

Les experts ont également averti que l'impunité pour ce type de crime prévalait très largement. « Les efforts pour identifier les cas avérés de disparitions forcées doivent être renforcés, afin que leurs auteurs soient tenus responsables », ont-ils souligné.

Les experts ont également souligné l'importance de préserver la mémoire collective et individuelle et d'étendre l'utilisation de l'expertise médico-légale et des tests d'ADN dans le travail d'établissement des faits des cas de disparitions.

Cet évènement, auquel assistaient le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Šimonović, des experts internationaux, des associations des familles de disparus, des organisations de la société civile, ainsi que des représentants des gouvernements, visait à créer un espace de réflexion sur les avancées de cette lutte et les défis qui subsistent.

Les experts ont également examiné 17 cas de disparitions forcées survenus au cours des six derniers mois, ainsi que plus de 400 cas nouvellement recensés ou existants.

Ces cas concernaient notamment l'Albanie, l'Algérie, le Bahreïn, le Belarus, la République centrafricaine, la Colombie, la République populaire démocratique de Corée, El Salvador, le Honduras, le Koweït, le Laos ou bien encore le Mexique.

Le Groupe d'experts s'est également penché sur les moyens d'améliorer l'efficacité de ses méthodes de travail ainsi que sur les modalités de ses prochaines visites de pays. Une visite est prévue en Espagne du 23 au 30 septembre 2013.

Ariel Dulitzky a été nommé en tant que nouveau Président-Rapporteur. Il commencera son mandat le 1er octobre 2013, alors que le Groupe de travail tiendra sa 101ème session à Genève du 4 au 13 novembre 2013. L'actuel Président est Olivier de Frouville.

Le Groupe de travail, qui comprend cinq experts indépendants, a été établi en 1980 par la Commission des Nations Unies pour les droits de l'homme afin d'aider les familles à déterminer le sort de proches disparus.


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