Affrontements en Guinée : le retour à l'ordre doit se faire dans le respect du droit, dit le HCDH

Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Photo ONU/Jean-Marc Ferré

19 juillet 2013 – Le Bureau du Haut Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué vendredi que le calme semblait être revenu en Guinée après trois jours de violence intercommunautaire entre membres des tribus Guerzé et Konianké qui se sont déroulés à Koulé, à 45 kilomètres de N'Zérékoré, dans le sud du pays.

« Ces affrontements ont causé la mort d'au moins 57 personnes, dont trois ont été décapitées avec des machettes, alors que d'autres ont été battues à mort ou brûlées vives », a indiqué le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, depuis Genève. Plus de 163 personnes ont également été blessées, alors que des centaines d'autres ont dû s'enfuir et trouver un abri dans les camps militaires environnants.

Il a indiqué que les affrontements ont éclaté à la suite d'une altercation entre trois individus, deux membres de la tribu Guerzé ayant battu un jeune Konianké à mort après l'avoir accusé de vol dans la station service où ils travaillaient. Des représailles s'en sont ensuivies.

La violence a gagné d'autres parties de la région Forestière, les deux communautés s'affrontant à l'aide de machettes, pierres et bâtons. Des pillages, des barrages routiers, des destructions de mosquées, d'églises et de biens immobiliers auraient également été constatés.

Les Guerzé, que l'on retrouve dans d'autres pays de la région, dont la Côte d'Ivoire et le Liberia, sont essentiellement chrétiens ou animistes alors que les Konianké, venus d'autres régions que la Guinée forestière, sont majoritairement musulmans.

Le Gouvernement a décrété un couvre-feu le 16 juillet et envoyé une délégation ministérielle dans la zone afin de faciliter le dialogue entre les deux communautés, alors que le Président du pays a appelé au calme.

Les troupes déployées pour restaurer l'ordre, avec des renforts venus de Macenta et Gueckedou, continuent d'effectuer des patrouilles dans la région de N'Zérékoré.

« Nous saluons les efforts du Gouvernement et des forces de sécurité pour ramener le calme, tout en leur rappelant la nécessité de protéger les droits de l'homme pendant les opérations de maintien de l'ordre », a ajouté M. Colville.

Pour sa part, le Secrétaire général, dans un communiqué de presse publié hier, s'est dit profondément préoccupé par ces violents affrontements intercommunautaires, ayant entraîné de lourdes pertes en vies humaines et matérielles.

Il a appelé au calme et exhorté les Guinéens à s'abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte à la coexistence pacifique entre les communautés et aux droits de l'homme.

Le patron de l'ONU a ensuite exhorté les dirigeants nationaux et communautaires à garantir la sécurité des personnes et des biens, à faire respecter l'état de droit et à poursuivre la voie du dialogue en vue de résoudre tout problème entre les communautés.

Ban Ki-moon a enfin souligné l'importance de maintenir des conditions propices pour des élections législatives démocratiques et pacifiques le 24 septembre 2013, comme prévu.


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