Côte d'Ivoire : l'ONUCI reste essentielle pour protéger les civils, dit Ladsous devant le Conseil

Désarmement volontaire à Abobo, en Côte d’Ivoire. Photo ONUCI/Macline Hien

18 juillet 2013 – Depuis la fin de la violence qui avait suivi la crise électorale en avril 2012, la Côte d'Ivoire a continué à progresser et elle est « sur la bonne voie », a déclaré, jeudi matin, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, en se félicitant de la détermination dont font preuve les dirigeants ivoiriens pour relever les nombreux défis en présence.

La présence de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), a-t-il souligné, demeure cependant essentielle, en particulier en matière de protection des civils, de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des anciens combattants, et de réforme du secteur de la sécurité.

Au début de son intervention, M. Ladsous a annoncé que la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire et Chef de l'ONUCI, Aïchatou Mindaoudou, avait pris ses fonctions le 8 juillet dernier. Elle a ainsi pu rencontrer, a-t-il dit, le Président Ouattara, des membres du Gouvernement et autres parties prenantes.

M. Ladsous a reconnu que le Président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, avait pris des mesures importantes pour stabiliser la situation sécuritaire, accélérer la reprise économique et lancer des réformes cruciales. L'Assemblée législative élue fonctionne bien, a-t-il indiqué, avant de mentionner également le succès des élections régionales et municipales d'avril 2013.

Le processus de désarmement, démobilisation et réintégration de quelque 65 000 anciens combattants figure au nombre des priorités du Président ivoirien qui a demandé à son gouvernement d'avancer sur le désarmement et la démobilisation de 30 000 combattants d'ici à la fin de 2013 et d'accélérer ce processus d'ici à la fin 2014.

« C'est un objectif ambitieux », a estimé le Secrétaire général adjoint, tout en assurant que l'ONUCI continuerait à apporter son assistance pour la mise en œuvre de ce programme. Il a cependant averti que la Côte d'Ivoire aurait aussi besoin du soutien de toute la communauté internationale.

M. Ladsous a ensuite salué les efforts du Gouvernement ivoirien pour engager un dialogue avec les partis politiques de l'opposition, en dépit du boycott des élections locales par ces mêmes partis.

« Alors que ce dialogue reprend, le dialogue avec l'ancien parti dominant reste bloqué depuis février », a-t-il indiqué, avant d'exprimer le souhait que ce dialogue reprenne sans tarder afin de parvenir à la réconciliation politique avant le prochain cycle électoral de 2015.

Le représentant de la Côte d'Ivoire, Youssoufou Bamba, a signalé, à ce sujet, la tenue d'une réunion qui a rassemblé « 120 représentants de toutes les couches socioprofessionnelles du pays », organisée du 10 au 12 juillet dernier, pour réfléchir aux causes profondes de la crise dans le pays dans le cadre des efforts de réconciliation nationale.

« Le processus de réconciliation doit s'accompagner d'une justice équitable et impartiale », a précisé M. Ladsous, en mettant l'accent sur la nécessité de tenir responsables les auteurs de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, en particulier les violences sexistes.

En dépit de ces progrès importants, le Secrétaire général adjoint a averti qu'une menace à la paix et à la sécurité pesait toujours sur la Côte d'Ivoire, à cause des divisions politiques et des réseaux associés à l'ancien régime qui cherchent à déstabiliser le Gouvernement.

Il a cité la présence de mercenaires et les problèmes de la circulation incontrôlée des armes, des activités criminelles et de la violence entre les communautés. Les autres menaces à la stabilité résident dans la piraterie dans le golfe de Guinée, le trafic de drogues, la criminalité transnationale organisée et les activités terroristes.

Après le rapatriement de 850 militaires en mai, l'ONUCI est en train de planifier une autre réduction de sa composante militaire d'ici à 2015, a affirmé M. Ladsous, tout en examinant la possibilité de réduire le dispositif de sécurité dont bénéficient certains membres du Gouvernement.

Le représentant de la Côte d'Ivoire a déclaré à ce sujet que la question de la réduction des effectifs militaires, de police, ainsi que la composante civile de l'ONUCI d'ici à 2015 devrait être traitée avec « beaucoup de précaution » afin de ne pas créer de vide sécuritaire sur le terrain.


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