La justice pénale internationale n'est l'apanage d'aucun peuple, dit le chef de la CPI

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye. Photo: Vincent van Zeijst

17 juillet 2013 – Le Président de la Cour pénale internationale (CPI), Sang-Hyun Song, a déclaré mercredi que la justice pénale internationale, idéal profondément humain, n'était l'apanage d'aucune culture ni d'aucun peuple.

« C'est pourquoi tous les continents se sont ralliés à la Cour », a affirmé Sang-Hyun Song, à l'occasion de la Journée de la justice pénale internationale. Il a ensuite indiqué que les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la CPI, créée il ya quinze ans, sont tout aussi réelles que par le passé.

« Il y a ceux qui tentent de saboter le mouvement de promotion de la justice internationale, ceux qui politisent son action, ceux qui doutent de son utilité et ceux qui prétendent parler au nom des victimes que le mouvement défend », a-t-il expliqué.

Puis, le Président a mentionné ceux qui refusent de coopérer, permettant ainsi à une dizaine de personnes suspectées par la CPI de continuer à se soustraire à la justice.

Hier, la CPI a demandé au Nigéria d'arrêter le Président soudanais Omar Al Bashir, en visite à Abuja et de le remettre à la Cour. M. Al Bashir est en effet suspecté de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de génocide, qui auraient été commis au Darfour, au Soudan.

« C'est pourquoi, en ce 17 juillet, il convient de prendre le temps de raffermir notre détermination et de rappeler pourquoi nous ne devons pas renoncer à notre quête de justice », a continué Sang-Hyun Song.

Il a souligné la nécessité morale d'apporter une paix, ne serait-ce que relative, à des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes victimes de crimes inimaginables et « de souffrances qui dépassent l'entendement ».

« Nous le faisons parce que nous connaissons l'effet dissuasif de la responsabilité pénale, et parce que c'est notre devoir envers les générations futures, lesquelles méritent de vivre sans craintes », a poursuivi le Président.

Indiquant que la présence de la CPI était ressentie dans le monde entier, « même si elle peut sembler invisible ou discrète », le Président a affirmé que cette présence encourageait les autorités nationales à poursuivre les auteurs de crimes, poussait les différents groupes à renoncer à la violence et dissuadait certains dirigeants de commettre des atrocités.

« Nous devons sans relâche œuvrer à faire en sorte que les criminels répondent de leurs actes », a-t-il conclu, relevant que le « voyage » sur la voie de l'imputabilité des crimes internationaux était sans fin.

Le 17 juillet 1998, la communauté internationale, réunie à Rome, en Italie, décidait de la création d'une cour internationale permanente, chargée de punir les auteurs de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Le Traité de Rome a été signé par 122 États, alors que de nombreux autres ont manifesté l'intention de le rejoindre.

Avec huit enquêtes et huit examens préliminaires en cours, et la délivrance de 23 mandats d'arrêt et 9 citations à comparaître, les enquêtes et procédures de la CPI concernent un nombre de suspects qui n'a jamais été aussi élevé.

La CPI a reçu plus de 12 000 demandes de personnes souhaitant participer, en tant que victimes, aux procédures portées devant elle, ainsi que plus de 9 000 demandes en réparation.

Plus de 5 000 victimes participent effectivement aux procédures devant la Cour, qui leur donnent la possibilité de se faire entendre à l'audience. Le Fonds au profit des victimes vient en aide à près de 80 000 victimes de crimes relevant de la compétence de la CPI.


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