Auditions devant l'Assemblée générale pour façonner le débat sur les migrations et le développement

le Président de l’Assemblée générale, Vuk Jeremic. Photo: ONU

15 juillet 2013 – À l'occasion d'auditions informelles interactives sur les migrations internationales et le développement qui se sont tenues lundi devant l'Assemblée générale, son Président, Vuk Jeremić, a déclaré que la migration était une des rares constantes de l'histoire humaine, faisant notamment observer que « chacun d'entre nous a des racines qui viennent d'ailleurs ».

Le phénomène de la migration est l'incarnation de la quête du bonheur, a-t-il rappelé, tout en convenant que la question de la migration est à l'origine de nombreux débats passionnés. M. Jeremić a dénoncé les abus et l'exploitation des migrants aux mains des trafiquants et autres passeurs.

Le Président de l'Assemblée générale a ensuite fait observer qu'au cours de la dernière décennie, le nombre de migrants est passé de 150 millions à 214 millions, créant, a-t-il prévenu, de nombreux défis mais également des opportunités pour toutes les sociétés du monde.

Il a rappelé qu'un tiers des migrants se retrouve dans un pays développé, qu'un autre tiers migre d'un pays développé vers un autre pays développé et que le dernier tiers va d'un pays en développement à un autre.

Les immigrants contribuent, de manière notable, au développement économique de leur pays de destination mais la migration peut également priver les pays d'origine de leurs éléments « les plus brillants et les mieux éduqués ». C'est là un prix très dur à payer pour des pays qui n'ont donc aucun retour sur des investissements coûteux dans la formation de spécialistes.

M. Jeremić a également soulevé la question des envois de fonds qui, selon une étude de la Banque mondiale, équivaudraient à 3 fois le montant de l'aide publique au développement (APD). Cette même étude indique que le niveau des revenus et d'éducation des migrants peut avoir un effet sur le maintien des liens financiers et culturels avec leurs communautés d'origine.

Le Président de l'Assemblée a averti que si les tendances actuelles se maintiennent, la migration risque d'accentuer les inégalités entre États, voire créer des « États fantômes » sans les ressources humaines nécessaires à leur fonctionnement.

Il s'est également inquiété du fait qu'à l'heure actuelle aucun mécanisme international chargé de réglementer les flux migratoires n'existe, « une question qui aura un impact fondamental sur l'avenir de presque tous les pays du monde ». Le Président a appelé les États Membres à commencer le travail en créant une base pour la coordination des efforts sur une question qui, a-t-il souligné, réside au cœur du développement durable.

Pour sa part, Jan Eliasson, Vice-Secrétairegénéral de l'ONU, a souligné qu'il avait dirigé les préparatifs du premier Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales, il y a sept ans, lorsqu'il présidait l'Assemblée générale. Il s'est réjoui que les Nations Unies collaborent de façon de plus en plus étroite avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

M. Eliasson a mis en exergue la nécessité de connaître les faits et les chiffres de la migration. Le défi, a-t-il dit, consiste à échanger ces faits avec le public de façon à combattre les préjugés et les stéréotypes. Il a souligné que les migrants pouvaient contribuer à revitaliser les nations et leurs économies. Mais il a reconnu que les migrations internationales représentent des situations complexes qui appellent des solutions globales.

Le Vice-Secrétaire général a également insisté sur cinq domaines prioritaires dans le cadre des migrations. Il a souligné qu'il fallait améliorer la collaboration entre États; renforcer la recherche et la collecte des données sur les migrations; renforcer la participation des migrants dans les économies; mettre en œuvre des plans sectoriels et nationaux axés sur les migrations; et mettre en place des plans qui tiennent compte des pays d'où viennent les migrants.

La migration est une réalité essentielle du XXIe siècle. Nous sommes tous des migrants ou des descendants de migrants. Nous avons besoin d'un plan mondial cohérent et humain fondé sur les droits et qui traite des réalités de notre époque, a-t-il insisté, avant de conclure.


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