Afrique : la CNUCED plaide pour un commerce intra-régional et une meilleure incitation du secteur privé

Credit: UNCTAD/CNUCED

11 juillet 2013 – Le commerce intra-régional recèle un potentiel considérable, mais seulement si les entreprises africaines ont les capacités de production nécessaires, indique jeudi la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) dans son Rapport 2013 sur le développement économique en Afrique, rendu public à Genève.

En l'absence de capacités suffisantes, ce sont en effet les entreprises étrangères davantage que les entreprises africaines qui bénéficieront de cette rationalisation du système commercial.

La CNUCED rappelle que la part du commerce intra-africain dans le commerce africain total est passée de 22,4 % en 1997 à 11,3 % en 2011. Le commerce intra africain (exportations et importations) s'est élevé à 130,1 milliards de dollars en 2011.

Ces chiffres, probablement en dessous de la réalité compte tenu de l'importance des échanges commerciaux informels sur le continent, sont néanmoins faibles comparés aux valeurs relevées dans d'autres régions du monde, relève la CNUCED.

Par exemple, pour la période 2007-2011, la part moyenne des exportations intra-régionales dans les exportations totales était de 11 % en Afrique, contre 50 % en Asie et 70 % en Europe.

Pour y remédier, l'agence onusienne recommande la création des couloirs régionaux de développement industriel et de transports, la promotion de chaînes de valeur régionales et un dialogue constant entre pouvoirs publics et entreprises.

Cette nouvelle approche qualifiée de «régionalisme développementiste » s'entend d'une coopération entre les pays portant sur un large éventail de domaines allant au-delà du commerce pour englober, par exemple, l'investissement, la recherche-développement et les politiques visant à accélérer le développement industriel régional et la création d'infrastructures régionales.

Au delà de l'élimination des obstacles au commerce, la CNUCED plaide pour une modernisation des infrastructures, une amélioration des compétences de la main-d'œuvre locale, l'encouragement et la promotion de l'entreprenariat et un accroissement de la taille des entreprises manufacturières pour répondre aux besoins de plus vastes marchés et bénéficier de plus grandes économies d'échelle.

Enfin, selon la CNUCED, il est fondamental pour les pays africains de préserver la paix et la stabilité en tant que préalables pour pouvoir renforcer le développement du secteur privé et dynamiser le commerce intra-africain.

De récentes données montrent ainsi que le conflit politique en Côte d'Ivoire fin des années 1990, avait réduit le commerce intracommunautaire au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) d'environ 60 % entre 1999 et 2007.


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