Ban Ki-moon appelle à une trêve en Syrie pendant le mois du ramadan

Une enfant a trouvé refuge dans un immeuble abandonné de la ville de Al-Hassake, en Syrie. PAM/A. Etefa

9 juillet 2013 – Le Secrétaire général des Nations Unies a lancé mardi un appel à toutes les parties en Syrie, afin qu'elles déposent les armes pendant le mois de jeûne musulman du ramadan, ajoutant qu'un tel geste pourrait contribuer à créer une nouvelle dynamique pour la paix.

« Je n'appelle pas à un cessez-le-feu agréé ou à une trêve négociée. Je ne recommande pas non plus une mesure limitée à une zone particulière. Je lance un appel à toute unité militaire de l'armée régulière et à l'Armée syrienne libre pour que chaque personne qui porte une arme à feu cesse le combat et offre un mois de paix, comme cadeau collectif à son peuple, et je demande de le faire à travers toute la Syrie », a déclaré M. Ban.

Pour la troisième année consécutive, le peuple syrien entame le mois de ramadan alors que le pays est déchiré par une guerre civile qui ne fait qu'empirer. 100.000 Syriens ont déjà péri et presque deux millions de personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins, tandis que quatre millions ont été déplacés à l'intérieur du pays après avoir quitté leurs villes et villages.

« Je sais que, pour certains, cet appel est irréaliste », a affirmé M. Ban. « La paix durable ne sera atteinte que par le biais de négociations sérieuses. Mais je suis convaincu que le peuple syrien a le droit de faire cette demande à tous ceux qui déclarent se battre en son nom. Ce genre de geste peut susciter de l'espoir et donner un élan en faveur de la paix ».

Le Secrétaire général a également appelé à la libération des femmes et des enfants détenus par le gouvernement et groupes armés de l'opposition dans différents centres de détention officiels ou non officiels, à travers le pays. « Je lance un appel à toutes les parties pour que tous ces détenus soient immédiatement libérés. J'appelle le Président Bashar Al-Assad à intervenir personnellement afin de mettre fin à ce traitement et de relâcher tous les prisonniers », a-t-il déclaré.

M. Ban a ensuite rappelé que l'ONU œuvrait avec la Fédération de Russie et les États-Unis sur la base de l'accord pour trouver une solution politique à la crise notamment en organisant une conférence internationale à Genève sur la Syrie dans un avenir assez proche, avec la participation des deux délégations syriennes qui représentent le Gouvernement et l'opposition.

« Alors que les Nations Unies et d'autres travaillent activement à la préparation de conditions propices au succès de la Conférence de paix sur la Syrie, les Syriens eux-mêmes devraient utiliser le mois du Ramadan de l'année 1434 du calendrier islamique pour en faire une contribution, certes symbolique mais forte, à la recherche d'une solution à la crise qui sévit dans leur pays », a souligné M. Ban.

« En lançant cet appel pour un ramadan pacifique en Syrie, je voudrais inviter tous les membres de la communauté internationale inquiets pour le peuple de la Syrie – les gouvernements, les organisations internationales et non gouvernementales, la communauté humanitaire, les chefs religieux et d'autres– à s'y joindre publiquement pour signifier leur soutien. Un message clair doit être envoyé pour dire que le recours à plus de violence n'est pas la voie à suivre. Le peuple syrien ne mérite pas moins”, a-t-il ajouté.

De son côté, le Coordonnateur d'urgence pour la Syrie du Programme alimentaire mondial (PAM), Muhannad Hadi, a souligné qu'il était primordial que l'aide continue d'arriver en Syrie jusqu'à la fin de la crise, de nombreuses familles dans le pays dépendant toujours de l'assistance des Nations Unies pour s'alimenter.

« Les gens n'ont pas de cartes de crédit et ne peuvent pas emprunter alors que les prix ont grimpé en flèche et que les denrées alimentaires ne sont pas toujours disponibles. Dans plusieurs régions, nous avons atteint un stade où soit la nourriture est fournie par le PAM, soit la population souffre de la faim », a-t-il souligné.

M. Hadi a également affirmé que l'accès aux personnes ayant besoin d'aide devient de plus en plus difficile en raison des barrages et contrôles de l'armée et des groupes d'opposition armés, dans un contexte sécuritaire très dégradé.

« Nous traversons les lignes de front chaque jour. Cela est extrêmement difficile mais notre détermination nous pousse à continuer », a-t-il expliqué, en précisant que le PAM fournit une assistance aussi bien dans les zones contrôlées par le gouvernement que dans celles qui échappent à son contrôle.

En conclusion, M. Hadi a souligné que le PAM avait besoin de 27 millions de dollars par semaine pour aider 4 millions de personnes à l'intérieur de la Syrie et près de 3 millions de Syriens ayant trouvé refuge dans les pays voisins.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Moyen-Orient : l'ONU exhorte les dirigeants religieux à ne pas inciter à la haine

En savoir plus





Coup de projecteur