La Commission d'enquête de l'ONU sur la Corée du Nord entame ses travaux

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), Marzuki Darusman. Photo ONU/Jean-Marc Ferré (Photo d’archive)

5 juillet 2013 – La Commission des Nations Unies chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme en Corée du Nord a commencé ses activités en tenant vendredi une première réunion à Genève. Les trois commissaires se sont d'ores et déjà félicités de la grande quantité d'informations qui leur a été fourni par témoins et experts.

Le Conseil des droits de l'homme a créé la Commission d'enquête sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en mars 2013 afin qu'elle se penche sur les «violations systématiques, massives et graves des droits de l'homme » commises dans ce pays. Il s'agit de la première enquête approfondie créée par l'ONU pour examiner la situation en Corée du Nord.

«Notre objectif principal est de fournir à la RPDC les moyens de renforcer les droits de l'homme au bénéfice de la population», a déclaré le Président de la Commission, Michael Kirby. «Notre travail s'effectue dans le respect de la riche histoire de la région et des normes internationales relatives aux droits humains».

M. Kirby, un ancien juge australien, qui a aussi occupé par le passé les fonctions de Représentant spécial de l'ONU pour les droits de l'homme au Cambodge, travaillera aux côtés de Marzuki Darusman, de l'Indonésie, l'actuel Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord, et Sonja Biserko, fondatrice et présidente du Comité Helsinki pour les droits de l'homme en Serbie.

«Nous détenons un mandat clair du Conseil des droits de l'homme qui vise à donner de l'espoir et des perspectives à la population de la RPDC », a déclaré M. Darusman.

«Notre enquête vise à donner une voix aux souffrances du peuple de la RPDC. Nous examinerons de près la façon dont la situation qui prévaut dans le pays affecte les femmes, les enfants et autres groupes vulnérables », a déclaré Mme Biserko.

Les commissaires ont indiqué avoir écrit aux représentants de la RPDC à Genève afin de promouvoir un esprit de coopération et de transparence. Si la réponse a jusqu'à présent été négative, les commissaires ont déclaré qu'ils avaient l'intention de continuer à tendre la main au Gouvernement de la RPDC et de demander sa coopération. Ce dernier a déjà fait valoir auprès du Conseil des droits de l'homme qu'il faisait des droits humains et du respect de la Charte des Nations Unies sa priorité.

La Commission est chargée d'enquêter sur les allégations de violations relatives au droit à l'alimentation, ainsi que celles associées aux camps de prisonniers. Les allégations de torture, de détention arbitraire, de discrimination, de disparitions forcées, y compris l'enlèvement de ressortissants d'autres États, sont également situées dans le champ de compétence de la Commission.


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