Le HCR prévient que la situation en République centrafricaine demeure instable

Des réfugiés centrafricains qui ont fui les violences dans leur pays, dans un camp situé dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC). Photo: UNHCR/F. Lejeune-Kaba

5 juillet 2013 – Trois mois après l'éviction du gouvernement de République centrafricaine, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé vendredi sa vive préoccupation face à la situation humanitaire de plus de 200.000 personnes déplacées et de plus de 20.000 réfugiés vivant dans le pays.

« Le mois dernier, en collaboration avec nos partenaires, nous avons eu un accès limité à certains quartiers de Bangui, ainsi que dans plusieurs régions de République centrafricaine, et plus particulièrement Ouham, Batangafo, Bambari, Kaga Bandoro et Mbaiki. Ces visites avaient pour but d'évaluer la situation générale des personnes affectées par l'insécurité récente. Les résultats sont très troublants », a expliqué le porte-parole du HCR Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

La situation sécuritaire dans le pays demeure très mauvaise et l'anarchie est généralisée. Dans le cadre de leurs missions, les membres du personnel du HCR ont reçu des informations sur des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture, des violences physiques y compris les violences sexuelles, des viols et des tentatives de viol, des vols à main armée, des extorsions de biens, des enlèvements, des restrictions de mouvements, des pillages ciblés et des attaques sur les civils. Des villages et des maisons ont été réduits en cendres dans certaines régions par des groupes armés.

« La violence contre les femmes, les jeunes filles et les jeunes garçons est également en hausse. Les agences d'aide humanitaire, dans le cadre d'une réponse commune, distribuent de l'assistance et assurent une aide psychologique aux victimes dans certaines régions », a expliqué le porte-parole.

« Le HCR est particulièrement préoccupé par l'arrestation récente d'un ancien homologue gouvernemental qui travaillait à Bangui. Nous recherchons actuellement de l'information sur lui après des nouvelles autorités, ainsi que des assurances sur sa sécurité », a-t-il ajouté.

Bien que les écoles aient rouvert dans certaines régions de la République centrafricaine, elles restent fermées dans la plus grande partie du pays. L'accès aux services de santé et aux services essentiels est également très limité. Les femmes et les enfants n'ont souvent pas accès aux soins médicaux et les nouvelles naissances ne sont pas enregistrées.

En collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM), le HCR a pu distribuer de la nourriture à environ 11.000 réfugiés dans les camps de réfugiés de Batalimo, Bambari et Zemio. Les réfugiés ont également reçu des semences pour les cultures au camp de réfugiés de Zemio.

Dans le pays voisin, la République démocratique du Congo (RDC), qui abrite plus de 40.000 réfugiés centrafricains, le HCR continue de travailler avec les autorités nationales pour transférer les réfugiés depuis les régions frontalières vers des lieux plus sûrs. La majorité des réfugiés se trouve les provinces Equateur et orientale de la RDC.

Près de 60.000 personnes ont fui la République centrafricaine depuis décembre 2012. Alors que davantage continuent de fuir l'insécurité, le nombre total des réfugiés centrafricains dans la région s'élève désormais à plus de 220 000.


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