Pillay exhorte les Egyptiens à protéger les droits de l'homme en cette période de troubles

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

5 juillet 2013 – La Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté vendredi toutes les parties en Egypte à veiller au calme et à la protection des droits de l'homme tout au long de la période « délicate » que le pays traverse. Elle a aussi souligné la nécessité du dialogue afin de rétablir pacifiquement la primauté du droit et de l'autorité civile.

Mercredi, l'armée égyptienne, qui avait plus tôt dans la semaine donné aux parties 48 heures pour résoudre leurs différends, a déposé le président Mohamed Morsy et suspendu la Constitution, ouvrant la voie à un gouvernement intérimaire.

« Les protestations massives de ces dernières semaines sont une indication très claire que les Egyptiens veulent que leurs droits fondamentaux soient respectés», a déclaré Mme Pillay.

«Le pays a jusqu'à présent échoué à répondre aux aspirations de tous ses citoyens et progresser vers une société qui soit véritablement tolérante, inclusive et fondée sur les normes relatives aux droits de l'homme et la primauté du droit. Des efforts concertés sont plus que jamais nécessaires pour mettre en place des institutions politiques et juridiques robustes », a-t-elle ajouté.

L'Egypte a connu une transition démocratique difficile après la chute du président Hosni Moubarak il y a deux ans à la suite de protestations massives. Cette transition est en outre aggravée par de considérables difficultés économiques.

La Haut-Commissaire a ensuite exhorté toutes les Egyptiens à exercer leurs droits de manière pacifique, afin d'éviter toute perte en vie humaine, avant d'inviter les partis politiques et les autorités à dissuader et punir les actes de vengeance.

Préoccupée par les informations faisant état de la détention de responsables des Frères musulmans, auxquels appartenait M. Morsi, Mme Pillay a condamné les actes de violence, les détentions arbitraires et les mesures illégales de représailles.

« Tout doit être fait pour mettre un terme – tout en enquêtant sur les cas avérés - à l'effroyable violence sexuelle perpétrée, parfois apparemment de manière organisée, à l'encontre des femmes qui manifestent », a-t-elle dit.

Elle a réaffirmé que le Haut-Commissariat se tenait aux côtés du peuple égyptien dans ce processus de transition et appuyait en particulier les efforts déployés par les administrations futures visant à promouvoir une société fondée sur les principes de la démocratie, de la justice sociale et des droits de l'homme.

« Les Egyptiens méritent de vivre dans une société dont les institutions respectent leurs droits », a-t-elle conclu, avant de les exhorter à saisir cette nouvelle opportunité de faire de l'Egypte un pays démocratique et prospère, tout en préservant la stabilité.

Ces derniers jours, le Secrétaire général Ban Ki-moon, depuis le Danemark où il se trouve, avait multiplié les appels au calme et au dialogue, tout en exprimant ses vives préoccupations devant « l'interférence militaire » dans la crise politique que traverse le pays.


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