Navi Pillay demande au Cameroun de poursuivre les efforts pour assurer le respect des droits de l'homme

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

2 juillet 2013 – À la fin de sa première mission officielle au Cameroun, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a affirmé mardi que la société civile de ce pays était riche de sa diversité mais était aussi confrontée à de nombreux défis.

« Le Cameroun a ratifié six traités fondamentaux relatifs aux droits de l'homme, lui donnant un cadre solide pour guider le développement et l'amendement des lois et des politiques nationales relatives aux droits de l'homme », a rappelé Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« Le pays a déployé des efforts importants pour soumettre des rapports dus de longue date aux organes des traités chargés de surveiller la mise en œuvre de ces conventions; il doit être félicité pour avoir ratifié plusieurs instruments régionaux relatifs aux droits de l'homme », a-t-elle ajouté.

Si l'Examen périodique universel du Cameroun, qui a eu lieu en mai, s'est déroulé sans heurt, Mme Pillay a rappelé qu'un certain nombre de préoccupations ont été exprimées concernant les violences contre les femmes, le harcèlement des journalistes, la criminalisation de l'homosexualité ainsi que la vulnérabilité des populations autochtones, dont les droits sont menacés par les activités d'entreprises du secteur minier et forestier.

« Lors de mes entretiens avec le Ministre de la Justice ainsi qu'avec des magistrats et des juges de premier plan, j'ai souligné la nécessité de s'assurer que l'indépendance du judiciaire soit réelle et garantie », a indiqué la Haut-Commissaire.

« J'ai aussi fait part de ma préoccupation face aux procédures judiciaires lentes et longues. J'ai également insisté auprès des magistrats pour qu'ils adoptent une approche axée sur les droits de l'homme et pour qu'ils envisagent, dans toute la mesure du possible, des formes alternatives de punition afin de décongestionner les prisons surpeuplées », a-t-elle ajouté.

La lutte contre l'impunité est un autre défi au Cameroun. En 2010, le Comité contre la torture s'est dit préoccupé par le fait que le personnel des forces de sécurité commettant des violations des droits de l'homme n'ait pas été tenu responsable.

« Je salue les efforts du gouvernement pour mettre un terme à l'impunité parmi les hauts fonctionnaires accusés d'être impliqués dans des détournements de fonds publics, mais il est aussi important que ces efforts pour lutter contre l'impunité se fassent dans le respect des normes relatives aux droits de l'homme », a déclaré Mme Pillay.

La Haut-Commissaire a exhorté le gouvernement à continuer de créer un environnement propice à la paix, à la sécurité et au respect des droits de l'homme et à poursuivre son combat contre la pauvreté grâce à une protection efficace des droits économiques, sociaux et culturels. Elle a également souligné que le Gouvernement doit s'assurer que la population du Cameroun bénéficie des ressources générées dans le pays.

« Je lance un appel à la communauté internationale afin qu'elle soutienne davantage le pays dans ces efforts pour améliorer la gouvernance et le respect des droits de l'homme », a conclu Mme Pillay.


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