L'OMS demande un traitement antirétroviral plus précoce de la maladie du VIH

Une peinture murale au Belize.

1 juillet 2013 – L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié dimanche de nouvelles recommandations concernant le traitement antirétroviral (TAR) du VIH à un stade plus précoce afin d'aider les personnes porteuses du VIH à vivre plus longtemps et en meilleure santé et de réduire substantiellement le risque de transmission du virus.

Cette nouvelle approche pourrait éviter 3 millions de décès et prévenir 3,5 millions de nouvelles infections par le VIH entre aujourd'hui et 2025, explique l'OMS. À la fin de l'année 2012, 9,7 millions de personnes dans le monde avaient accès à de tels traitements.

« Ces recommandations proposent un nouveau bond en avant vers des objectifs toujours plus ambitieux », indique le Directeur général de l'OMS, Margaret Chan, dans un communiqué de presse. « Avec près de 10 millions de personnes maintenant sous traitement antirétroviral, nous sommes devant des perspectives encore inconcevables il y a seulement quelques années, avec une épidémie de VIH qui pourrait connaître un déclin irréversible ».

Les nouvelles recommandations encouragent tous les pays à commencer le traitement antirétroviral chez les adultes vivant avec le VIH dès que la numération de leur CD4 devient inférieure à 500 cellules/mm3 ou moins, c'est-à-dire lorsque leur système immunitaire est encore fort. Les CD4 sont les globules blancs du sang que le virus attaque en premier.

Les précédentes recommandations de l'OMS, formulées en 2010, incitaient à proposer le traitement au stade de 350 cellules CD4/mm3 ou moins. 90% des pays avaient adopté les recommandations de 2010. Quelques autres, dont l'Algérie, l'Argentine et le Brésil, proposaient déjà le TAR au seuil de 500 cellules CD4/mm3.

L'OMS a décidé de changer ses recommandations suite à la découverte d'éléments qui prouvent que le traitement précoce peut à la fois maintenir les patients en bonne santé et abaisser leur charge virale, ce qui réduit le risque de transmission.

Les nouvelles recommandations prévoient aussi de fournir un traitement antirétroviral, indépendamment de leur numération en CD4, à tous les enfants vivant avec le VIH de moins de 5 ans, à toutes les femmes enceintes ou allaitantes porteuses du VIH et à toutes les personnes séropositives dont le partenaire n'est pas infecté.

« De tels progrès permettent aux enfants et aux femmes enceintes d'accéder au traitement plus tôt et dans des conditions plus sûres, ce qui nous rapproche de notre objectif d'une génération sans sida », a déclaré le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake. « Nous devons maintenant accélérer les efforts et investir dans des innovations permettant de dépister plus rapidement les nouveau-nés et de leur donner un traitement approprié de manière à ce qu'ils puissent jouir du meilleur début dans la vie possible ».

L'OMS encourage également les pays à améliorer la fourniture des services liés au VIH, en les liant plus étroitement à d'autres services de santé tels que ceux relatifs à la tuberculose, à la santé maternelle et infantile, à la santé sexuelle et génésique et au traitement de la dépendance aux drogues.

« Les nouvelles recommandations de l'OMS arrivent à point nommé compte tenu des progrès rapides que nous avons réalisés dans l'expansion des programmes de prévention et de traitement », déclare le Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Mark Dybul. « C'est un bon exemple de la façon dont le Fonds mondial et l'OMS collaborent pour appuyer les pays vers l'élimination du VIH».

Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial a financé plus de 1000 programmes dans 151 pays, fournissant un traitement contre le VIH à plus de 4,2 millions d'individus. La plus forte croissance du nombre de personnes bénéficiant du TAR a été enregistrée entre 2011 et 2012, avec 1,6 million de personnes bénéficiant du traitement antirétroviral de plus, ce qui porte leur nombre total à 9,7 millions. Sur 5 personnes débutant le traitement en 2012, 4 vivaient en Afrique sub-saharienne.

« Aujourd'hui près de 10 millions de personnes ont accès à ce traitement salvateur. C'est un véritable triomphe pour nos efforts de développement », indique le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA), Michel Sidibé.

« Nous devons cependant faire face à un nouveau défi: garantir que la totalité des 26 millions de personnes susceptibles de bénéficier du traitement y aient effectivement accès. Toute nouvelle infection par le VIH ou tout nouveau décès lié au Sida dû à un accès insuffisant au traitement antirétroviral seraient inacceptables », a-t-il conclu.


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