Pillay demande un réexamen des nominations au sein de la Commission afghane des droits de l'homme

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

28 juin 2013 – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré vendredi que les récentes nominations au sein de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan compromettaient l'indépendance et l'efficacité de cette institution.

Le 16 juin, après un retard de plus de 18 mois, le Président afghan Hamid Karzaï a en effet nommé cinq nouveaux commissaires, tout en renouvelant les fonctions de quatre autres commissaires, dont la Présidente, Sima Samar.

Les statuts de la Commission, organe national permanent établi par la Constitution du pays, exigent des commissaires qu'ils jouissent d'une bonne réputation, fassent preuve d'autonomie, bénéficient de la confiance de la population et s'engagent fermement en faveur des droits humains. Les commissaires ne doivent être membres d'aucun parti politique pendant la durée de leur mandat.

« La satisfaction de ces conditions par les nouveaux commissaires soulève de véritables interrogations», a poursuivi la Haut-Commissaire, qui s'est dite très préoccupée par les déclarations faites par des dirigeants de la société civile au sujet de ces récentes nominations. « Le peuple afghan et la société civile doivent avoir entière confiance dans la Commission afin qu'elle puisse fonctionner efficacement », a affirmé Mme Pillay.

«Avec l'accélération de la transition en cours en Afghanistan, cette institution, qui joue un rôle crucial, est amenée à prendre une importance de plus en plus grande. Ce n'est pas le moment d'affaiblir la Commission, mais bien de la renforcer en s'assurant que ses membres sont de la plus haute intégrité et résolument engagés en faveur des droits humains », a-t-elle poursuivi.

Navi Pillay a également souligné l'importance que les institutions nationales des droits de l'homme soient conformes aux normes internationales pertinentes. Connues comme les «Principes de Paris», ces normes exigent des commissaires qu'ils soient des experts en droits de l'homme reconnus pour leur indépendance, représentatifs de la société civile et nommés au terme d'un processus de sélection participatif, transparent et consultatif.

La Haut-Commissaire a fait observer que la conformité de la Commission afghane avec lesdits principes doit être examinée en novembre 2013 par le Comité international de coordination des institutions nationales des droits humains.

Un changement dans la notation de Commission, qui est de « A » aujourd'hui, pourrait avoir de graves conséquences sur le soutien des donateurs internationaux apporté à la Commission et au Gouvernement afghan, a averti la Haut-Commissaire.

En conclusion, Navi Pillay a exhorté le Gouvernement à reconsidérer les récentes nominations et à rouvrir le processus de sélection des commissaires, afin qu'il soit en conformité avec les statuts de la Commission et les Principes de Paris.


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