Mali: le Conseil de sécurité examine les détails du déploiement de la troisième plus grande opération de maintien de la paix

Le Représentant spécial, Bert Koenders, devant le Conseil de sécurité par visioconférence depuis Bamako, le 25 juin 2013. UN Photo/JC McIlwaine

25 juin 2013 – Lors d'une réunion au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a affirmé mardi que l'autorité de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) sera transférée à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) le 1er juillet, laquelle deviendra, à terme, « la troisième plus grande opération de maintien de la paix de l'ONU en terme de taille ».

La MINUSMA opérera dans le cadre de « règles d'engagement robustes » et jouera, par ailleurs, un « rôle clef » dans la stabilisation du Mali et dans la protection des citoyens menacés par l'insécurité au nord du pays, a expliqué M. Ladsous. À ce jour, les forces de la MISMA atteignent un effectif de 6.148 soldats déployés dans les villes et les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Tessalit, Aguelhok, Douentza et Diabali.

Au 1er juillet, la MINUSMA devrait atteindre une première capacité opérationnelle initiale et, d'ici à la fin juillet, une centaine d'officiers d'état-major devraient être présents sur le terrain. M. Ladsous a escompté que la Mission pourrait atteindre sa pleine capacité opérationnelle avant le 31 décembre 2013.

Les États Membres doivent mettre à la disposition de la Mission les équipements et moyens qu'ils ont promis pour lui permettre de s'acquitter rapidement de son mandat, a rappelé M. Ladsous, en insistant en particulier sur les hélicoptères, l'échange d'informations et la constitution de forces spéciales.

La MINUSMA a pour mandat d'utiliser tous les moyens nécessaires, « y compris en prenant des mesures pour prévenir et empêcher le retour des éléments armés dans les principaux centres de population », a souligné M. Ladsous, en rappelant que cela ne décrivait pas « une imposition de la paix ou un rôle de contre-terrorisme ».

« Les Nations Unies devront se montrer robustes pour mettre en œuvre leur mandat de maintien de la paix dans cet environnement », a-t-il souligné. Par ailleurs, dans la perspective où la Mission serait exposée à des menaces graves, le Département des opérations de maintien de la paix définirait avec les autorités françaises un arrangement technique afin que celles-ci apportent leur appui à la MINUSMA.

Le Secrétaire général adjoint a aussi attiré l'attention sur la nécessité de faire face à certains défis qui persistent dans la gestion de la transition, afin d'éviter un « vide sécuritaire ». Il a rappelé que l'opération était déployée sur un « terrain extrêmement rude », qui se trouve dans une zone géographique « immense ». Dans ce contexte, « les efforts que nous allons déployer nous rappellent que le maintien de la paix est un partenariat global », a-t-il insisté.

Tous les partenaires, « les Maliens eux-mêmes, la communauté internationale et, plus particulièrement, les pays de la région du Sahel », doivent rejoindre cette campagne pour la paix, la justice et la réconciliation, a-t-il dit.

La Secrétaire générale adjointe à l'appui aux missions a, quant à elle, indiqué que la priorité immédiate de son Département était d'« établir la capacité opérationnelle initiale de la MINUSMA dès que possible ». Mme Haq a ainsi assuré, qu'« en dépit de contraintes formidables, nous sommes sur la bonne voie pour répondre aux besoins ».

Dans son exposé, elle a expliqué la façon dont le Département à l'appui aux missions entendait satisfaire du mieux possible les exigences opérationnelles de la MINUSMA à partir du 1er juillet.

Mme Haq a déclaré que la MINUSMA pouvait à juste titre être considérée comme « l'une des missions les plus difficiles que les Nations Unies aient jamais lancées sur le plan logistique ».

De son côté, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Bert Koenders, a souligné que l'accord signé récemment entre le Gouvernement de transition et des groupes armés dans les régions du nord, notamment le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad, est une « première étape importante vers la pleine restauration de l'ordre constitutionnel et de l'intégrité territoriale ».

L'Accord préliminaire, a affirmé le Chef de la MINUSMA, qui s'exprimait par visioconférence de Bamako, au Mali, « ouvre la voie à la tenue d'élections au niveau national, notamment à Kidal, et à un dialogue ultérieur avec les élus sur la gouvernance, la justice, la réforme du secteur de la sécurité et les questions de réconciliation ».

M. Koenders, qui présentait le rapport du Secrétaire général, a axé son exposé sur l'aspect sécuritaire, le processus de médiation et de réconciliation nationale, y compris l'Accord préliminaire récemment conclu, les préparatifs des élections et la situation humanitaire et des droits de l'homme.


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