Le Conseil de sécurité débat de l'Afghanistan, après l'ouverture d'un bureau des Taliban et la fin de la transition sécuritaire

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, Jan Kubis, au Conseil de sécurité. Photo: ONU

20 juin 2013 – « La clef de la transition en Afghanistan est le renforcement de l'appropriation de ce processus par les Afghans », a rappelé jeudi matin M. Ján Kubiš, Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan et Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).

« C'est pourquoi il est nécessaire d'assurer un appui international à ce pays durant toute l'année 2014, et au delà, de façon à renforcer le leadership afghan », a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité.

Le débat du Conseil intervenait alors que les forces de sécurité afghanes assurent depuis le 18 juin – jour également de l'ouverture d'un bureau des Taliban au Qatar - la sécurité dans l'ensemble du pays, en lieu et place des forces internationales dont la grande majorité doit se retirer en 2014.

Soulignant que les attaques perpétrées dans des lieux publics témoignaient « d'un mépris total pour la vie des civils », M. Kubiš a indiqué que l'armée nationale avait besoin de capacités supplémentaires, notamment aériennes, pour agir de manière efficace et durable.

« Un transfert de pouvoir légitime et harmonieux est également l'un des éléments essentiels sous jacents de la transition », a rappelé le Chef de la MANUA, précisant qu'une architecture électorale robuste était un engagement clef du Gouvernement afghan.

M. Kubiš s'est dit ainsi préoccupé par les retards enregistrés dans l'adoption de points majeurs de la législation électorale, estimant qu'il n'y avait pas d'autre option que la tenue d'élections transparentes et inclusives. Les élections présidentielles et provinciales doivent se tenir l'an prochain.

Revenant sur l'ouverture d'un bureau politique des Taliban à Doha, le Représentant spécial a émis l'espoir que les préoccupations légitimes concernant ce bureau soient prises en compte et accompagnées de mesures qui ouvrent la voie à des pourparlers de paix et de réconciliation directs entre le Haut Conseil de la paix et les Taliban.

Il a assuré que la MANUA était prête à faciliter un dialogue interafghan et à négocier avec les Taliban sur les points ayant trait notamment à la promotion des droits de l'homme et à la réduction des pertes parmi la population civile.

Pour sa part, le délégué de l'Afghanistan, Zaher Tanin, a indiqué que le lancement de la dernière étape de la transition sécuritaire représentait une réalisation remarquable et une source de fierté pour les Afghans. « Le pays est prêt à consolider les gains, à assurer lui-même sa sécurité et sa défense et à garantir une paix durable », a-t-il dit.

Il a ensuite a jugé troublant que la déclaration publique, faite par les représentants des Taliban à Doha, ne contienne aucun engagement clair en faveur des pourparlers de paix avec le Haut Conseil pour la paix.

« L'Afghanistan ne reconnaît pas un Émirat des Taliban », a-t-il dit, estimant que le drapeau des Taliban qui a été hissé, le 18 juin dernier, à Doha, était un rappel d'un passé sombre et sanglant contre lequel le pays continue de lutter pour s'en extraire.

« La République islamique d'Afghanistan est la seule autorité souveraine et légitime choisie par les Afghans, reconnue et soutenue par la communauté internationale », a conclu M. Tanin.


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