Kosovo : Navi Pillay rappelle l'importance d'institutions robustes pour défendre les droits de l'homme

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

20 juin 2013 – En mission au Kosovo, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a salué jeudi les réalisations positives dans le processus de dialogue avec la Serbie. Pristina et Belgrade ont récemment conclu un accord à Bruxelles qui vise à normaliser leurs relations et à améliorer l'état de droit et les droits de l'homme.

Lors d'une conférence de presse dans la capitale kosovare, Mme Pillay a indiqué que le cadre juridique et institutionnel qui se mettait en place en matière de droits de l'homme était pour l'heure satisfaisant et salué la création d'un groupe de travail interministériel chargé de rédiger une stratégie sur la justice transitionnelle.

« J'ai rappelé à mes interlocuteurs que la qualité des lois était plus importante que la rapidité avec laquelle elles sont promulguées. Elles doivent apporter une protection approfondie, en accord avec les normes internationales des droits humains », a précisé Mme Pillay.

Les progrès en matière de non-discrimination et de tolérance vis-à-vis toutes les minorités du Kosovo, en particulier, les Serbes, les Roms, les Ashkalis, les Egyptiens et les Gorani, sont, selon Mme Pillay, des indicateurs importants afin d'évaluer la guérison de la société kosovare, compte tenu de son histoire récente.

« Je suis préoccupée par les tentatives de l'Association des anciens combattants de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et de certains députés visant à empêcher les arrestations d'anciens membres de l'UCK accusés de crimes de guerre. Quiconque a commis un crime de guerre - qu'il s'agisse d'un ami ou d'un ennemi - doit être traduit en justice », a martelé Mme Pillay, en ajoutant que la justice devait être impartiale.

Selon Mme Pillay, une autre lacune grave de la justice au Kosovo est l'absence d'un programme performant de protection des victimes et des témoins. Un tel programme est essentiel pour gagner la confiance des victimes et des témoins afin qu'ils puissent témoigner dans des affaires de corruption de haut niveau, de crime organisé et les crimes de guerre.

Les réformes de l'administration civile doivent améliorer la coordination entre les institutions du Kosovo ainsi qu'entre les partenaires et bailleurs de fonds internationaux afin de rendre l'assistance plus efficace et ciblée. Ces réformes nécessitent un soutien continu et des ressources de la communauté internationale, a-t-elle dit.

« L'amélioration de l'éducation est primordiale afin que les générations futures du Kosovo puissent vivre, travailler et participer ensemble au développement de leur pays. N'oublions pas que le Kosovo a la population la plus jeune d'Europe. L'éducation inclusive pour tous les enfants doit être une priorité », a affirmé Mme Pillay.


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