Conseil de sécurité : la manne des ressources naturelles doit être au service du développement et de la paix

Le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson. Photo : ONU

19 juin 2013 – A l'occasion d'un débat sur la prévention des conflits et ressources naturelles qui se tenait mercredi devant le Conseil de sécurité, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a rappelé que la présence de ressources naturelles abondantes ne se traduisait pas par une richesse et un bien-être égal pour les populations et les communautés concernées.

« Celles-ci paient un lourd tribut en termes de corruption, de violations des droits de l'homme et de la détérioration de l'environnement et seuls quelques puissants en profitent », a-t-il ensuite souligné, avant de plaider pour que la gestion de ces ressources devienne le fondement du développement et d'une paix durables.

M. Eliasson a ensuite mis l'accent sur le rôle clef que peut jouer le secteur privé dans l'exploitation équitable et transparente des ressources, « depuis le Botswana jusqu'au Brésil, ou du Cambodge à la Colombie », a-t-il dit.

« Le rôle de la société civile, des gouvernements et des organisations internationales est tout aussi important sur cette question. Par ailleurs, le Conseil de sécurité a également une responsabilité en la matière dans les pays où sévissent des conflits », a-t-il dit.

Les opérations de maintien de la paix et les équipes pays des Nations Unies appuient les règlements et les mécanismes de gestion de conflits liés à l'exploitation des ressources, a ajouté M. Eliasson, alors que les Nations Unies veillent également à ce que les industries extractives fassent partie des processus de médiation visant à régler ces différends.

De son côté, Kofi Annan, Président de l'Africa Progress Panel et ancien Secrétaire général des Nations Unies, qui s'exprimait par visioconférence, de Genève, a rappelé que pendant des années les ressources naturelles avaient été la force motrice des conflits internes ou des conflits régionaux en Afrique, comme en Sierra Leone, au Libéria, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et au Soudan du Sud.

« Pour chaque conflit, on peut néanmoins trouver plusieurs exemples contrastés de pays africains où les ressources naturelles sont la source d'une forte croissance soutenue et améliorent la vie quotidienne de leurs citoyens », a-t-il dit dans le même temps.

« Les ressources naturelles ne sont ni une malédiction, ni une bénédiction », a tenu à préciser M. Annan, qui a ajouté que le défi des gouvernements africains était de convertir la manne temporaire des ressources naturelles en une percée permanente pour le développement humain.

« En fixant des règles internationales en vue d'empêcher l'évasion fiscale, de limiter l'utilisation de sociétés écrans et d'autres outils qui permettent des accords secrets d'exploitation, la communauté internationale peut aider à prévenir les conditions qui mènent à la rivalité armée pour s'emparer du butin des richesses naturelles », a conclu M. Annan.

Enfin, l'Administratrice adjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Rebeca Grynspan, a déclaré que le Chili et le Botswana étaient des exemples à suivre en matière de bonne gestion des ressources, tirées de nouvelles sources de pétrole, gaz et minerais.

Elle a ensuite détaillé les initiatives du PNUD pour assister les Gouvernements dans le domaine de la gestion des ressources minières, notamment ceux de la République-Unie de Tanzanie, de la Sierra Leone, du Libéria et de l'Afghanistan.

« En Tanzanie, au Soudan et au Zimbabwe, le PNUD, par le biais du Fonds environnemental mondial, a mis en place une technologie plus propre d'exploitation des mines d'or, et établi des garanties environnementales pour les communautés affectées », a-t-elle conclu.


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