Défis sécuritaires et faiblesse des institutions entravent la transition en Libye, dit le chef de la MANUL

Des Libyennes manifestent à Tripoli en faveur du désarmement des milices. Photo: UNSMIL/Iason Athanasiadis

18 juin 2013 – « Le peuple libyen continuera à subir, dans les mois à venir, les lourdes conséquences de plusieurs décennies d'un régime brutal et, de ce fait, la gestion de la transition sera plus difficile que nous ne le pensions », a prévenu, mardi matin, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Tarek Mitri, devant le Conseil de sécurité.

Sur le plan de la sécurité, a-t-il fait remarquer, les affrontements qui ont eu lieu à Benghazi, le 8 juin dernier, lors d'un des plus grands rassemblements depuis la révolution, ont causé la mort de nombreuses personnes.

« Ce qui avait démarré comme une manifestation pacifique s'est soldé par des échanges de tirs, tuant de nombreux manifestants », a rappelé M. Mitri, en précisant que les revendications des manifestants insistaient, notamment, sur le démantèlement des brigades « Boucliers de Libye », composées principalement de formations révolutionnaires et placées sous le contrôle opérationnel du chef d'état-major de l'armée libyenne.

Le Gouvernement libyen a réagi rapidement aux incidents en transférant le contrôle de plusieurs brigades de Benghazi à l'armée libyenne. Par ailleurs, le Gouvernement a décidé de créer une garde nationale, au sein de laquelle ces brigades pourraient être incorporées, « mais il existe encore des divergences de vue sur le statut de ces brigades et sur leur relation avec l'État », a-t-il souligné.

Le 15 juin, la situation en matière de sécurité s'est encore détériorée à Benghazi, « dans ce qui semblait être des représailles aux événements du 8 juin », a-t-il expliqué, en citant notamment l'attaque d'une base militaire par des hommes armés.

M. Mitri a également souligné que la question de la sécurité des frontières demeurait une priorité pour la Libye, pour les pays voisins, ainsi que pour la communauté internationale. « Le Gouvernement libyen doit axer ses efforts sur l'élaboration d'une stratégie nationale, qui tienne compte des questions de l'intégration des révolutionnaires, de l'amélioration de la coordination entre les institutions, de la formation ou encore de l'efficacité opérationnelle », a-t-il poursuivi.

Concernant la situation politique, le chef de la MANUL est revenu sur la « polarisation croissante » suscitée par la loi prévoyant d'écarter des postes de direction au sein des institutions du pays les personnes associées à l'ancien régime ou ayant commis des violations des droits de l'homme.

« Cette loi, qui a été promulguée le 5 mai, aura des répercussions sur le processus politique et sur l'administration», a expliqué M. Mitri, soulignant les lacunes de cette loi au regard des normes internationales. Il a ensuite rendu hommage au Président du Congrès général national, Mohamed al-Megaryef, qui, dans ce contexte, et malgré son opposition active au régime de Qadhafi durant plus de 30 ans, a choisi de démissionner.

De son côté, le Président du Comité créé en vertu de la résolution 1970 (2011), Eugène-Richard Gasana du Rwanda, a présenté les travaux accomplis par le Comité au cours de la période du 15 mars au 18 juin 2013.

S'agissant de l'embargo sur les armes, il a précisé que le Comité avait approuvé six requêtes d'exemption et reçu deux notifications sur lesquelles aucune décision négative n'a été prise. Le Comité avait également reçu cinq notifications concernant le gel des avoirs qui n'ont donné lieu, elles aussi, à aucune décision négative, a-t-il ajouté.


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