La Géorgie prête pour une approche intégrée pour les personnes déplacées, dit un expert de l'ONU

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des personnes déplacées, Chaloka Beyani. Photo: ONU/Evan Schneider

17 juin 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des personnes déplacées, Chaloka Beyani, a appelé lundi à une approche intégrée pour répondre à la situation des personnes déplacées en Géorgie, en particulier les personnes déplacées au début des années 1990 et en 2008 et les «éco-migrants », déplacés à la suite des catastrophes naturelles ou d'origine humaine.

M. Beyani, qui a conclu le 14 juin une visite de cinq jours en Géorgie au cours duquel il a notamment rencontré le Président du pays, a félicité l'engagement continu du Gouvernement d'améliorer les conditions de vie des personnes déplacées internes dans les années 1990, ainsi que de fournir des logements pérennes aux personnes déplacées à la suite du conflit de 2008.

Toutefois, il a jugé urgent de continuer à améliorer leurs conditions de vie dans certains des centres collectifs qu'il a visités, à Kartli notamment.

« La Géorgie a la possibilité de faire sienne une approche intégrée inclusive pour toutes les vagues de personnes déplacées, conformément aux normes internationales contenues dans les Principes directeurs de 1998 relatifs au déplacement interne », a-t-il souligné, mentionnant les mesures qui pourraient être prises en ce sens, telles que la formulation de politiques spécifiques en matière d'emploi, d'éducation ou bien encore, d'accès à la santé.

Le Rapporteur spécial a ensuite encouragé le Gouvernement à partager les informations relatives à ces initiatives avec les partenaires internationaux, la société civile et les personnes déplacées internes, tout en invitant ces dernières à participer aux décisions qui les concernent.

« En outre, le plein exercice par les femmes déplacées de leurs droits fondamentaux, en ce qui regarde notamment la terre et la propriété, est urgent», a déclaré M. Beyani, qui a encouragé le Gouvernement à s'engager résolument dans cette voie, et ce, en conformité avec les normes internationales pertinentes.

M. Beyani a ensuite déploré que la recherche de solutions durables soit entravée par l'impasse politique en Géorgie. «J'appelle toutes les parties concernées à s'accorder sur une solution politique afin de permettre aux personnes déplacées qui souhaitent rentrer dans leur région d'origine de pouvoir le faire, dans la sécurité et la dignité», a dit le Rapporteur spécial.

Il a ensuite regretté la mise en place d'une clôture le long de la frontière administrative de la région de Tskhinvali /Ossétie du Sud, qui a pour effet, selon M. Beyani, de priver les personnes déplacées de leur liberté de mouvement.

Le Rapporteur spécial a salué à cet égard la récente décision de la Cour constitutionnelle qui a jugé que les personnes déplacées des villages voisins de la région Tskhinvali / Ossétie du Sud possédaient les mêmes droits que celles de ladite région. En conclusion, il a exprimé le regret de n'avoir pas pu se rendre en Abkhazie et dans la région de Tskhinvali / Ossétie du Sud.

De son côté, l'Assemblée générale a adopté le 13 juin, pour la cinquième fois consécutive, sa résolution annuelle sur la situation des déplacés et réfugiés d'Abkhazie et de la région d'Ossétie du Sud en Géorgie.

Se disant préoccupée par la situation humanitaire causée par le conflit armé d'août 2008, qui a entraîné de nouveaux déplacements forcés de civils, l'Assemblée générale invite les participants aux pourparlers de Genève à redoubler d'efforts en vue d'établir une paix durable.


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