Antiterrorisme : l'ONU exhorte à la coopération régionale et au respect des droits de l'homme

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman. Photo: Union africaine

13 juin 2013 – « Le terrorisme a étendu sa portée géographique pour atteindre des zones reculées, que l'on pensait à l'abri. Il n'est plus propre à un groupe donné de pays ou à une région en particulier » a affirmé jeudi Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, lors de la Conférence internationale des points focaux de la lutte Antiterroriste qui s'est ouverte à Genève.

Lors de cette conférence organisée sous les auspices du Bureau de l'Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme, en collaboration avec le Gouvernement suisse, les participants doivent se pencher sur les situations propices à la propagation du terrorisme et sur la promotion de la coopération régionale.

M. Feltman a rappelé que si la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, décidée en 2006, incombait au premier chef aux Etats membres, les Nations Unies leur apportaient l'appui nécessaire, notamment technique, afin que le plus grand nombre d'acteurs – autorités nationales, organisations régionales, société civile notamment – s'approprient la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.

L'Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme organise à cette fin des séminaires régionaux, le prochain devant se tenir le mois prochain au Nigéria pour l'Afrique de l'Ouest et la région du Sahel.

« Il et possible de contrer le terrorisme au moyen d'une coordination approfondie de toutes les parties prenantes », a rappelé M. Feltman, indiquant que les mécanismes régionaux antiterroristes devaient conduire à une coopération transfrontière, lorsqu'une menace dépasse les frontières d'un pays.

« Les Etats doivent en outre apporter toute leur attention aux conditions propices à la propagation du terrorisme, en particulier celles qui permettent aux terroristes de répandre leurs idées et de semer la haine », a-t-il poursuivi. Il a ensuite indiqué qu'un certain nombre de régions dans le monde avaient apporté la preuve qu'une stratégie antiterroriste robuste au niveau régional était possible.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a ensuite indiqué que, si rien ne peut justifier les actes terroristes, un certain nombre de facteurs socio-économiques et politiques pouvaient faire que les terroristes et leur discours jouissent d'un certain crédit.

« Le chômage, l'intolérance, le manque d'éducation, les conflits, l'absence de bonne gouvernance sont autant d'éléments qui font le lit du terrorisme et de l'extrémisme », a-t-il dit, indiquant que les investissements sur le long terme afin d'améliorer les conditions de vie pour tous devaient être couplés à des actions de court terme.

Enfin, en ce qui concerne les droits de l'homme, M. Feltman a indiqué que tout compromis sur ces droits laissait le champ libre aux extrémistes. « Les principes des droits de l'homme sont le pilier de notre lutte contre le terrorisme et l'un de nos plus grands atouts », a-t-il conclu, refusant de voir une quelconque « dichotomie » entre lutte antiterroriste et respect des droits de l'homme.


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