HCR: des combats dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud déplacent des milliers de personnes

Des personnes qui fuient la ville Pibor dans l’état du jonglei au Soudan du Sud. Photo: MINUSS

12 juin 2013 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fait part mardi de son inquiétude sur la conséquence des combats entre les forces gouvernementales et les troupes armées dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud. Ces affrontements ont généré le déplacement de dizaines de milliers de personnes depuis leur éruption en mars.

« Dans le comté de Pibor en particulier, nous avons observé des tensions croissantes et reçu de graves allégations sur des troubles à l'ordre public, qui se traduisent notamment par des violences aveugles et des pillages de biens appartenant à des civils », a indiqué un porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ajoutant que la majorité des habitants de Pibor, compte habituellement 148 000 personnes, étaient touchés.

Les contraintes de sécurité rendent difficile pour le HCR de suivre la situation et de répondre aux besoins humanitaires, l'accès aux personnes affectées par les combats à Jonglei reste une préoccupation majeure.

« Quand nous pouvons accéder à ces personnes, nous menons des missions de suivi de la situation aux frontières pour évaluer les mouvements de population et nous en informons les pays voisins », a indiqué le porte-parole.

De nombreux civils effectuent de longues distances à pied pour trouver refuge au Kenya, en Ouganda et en Ethiopie. Durant les cinq premiers mois de cette année, le HCR a enregistré 5 397 réfugiés arrivés depuis l'Etat de Jonglei au camp de réfugiés de Kakuma dans le nord-ouest du Kenya. Ce nombre correspond quasiment à la population arrivée durant toute l'année dernière et c'est plus du double du nombre d'arrivants en 2011 ou 2010.

En Ouganda, environ 2 700 réfugiés depuis l'Etat de Jonglei sont arrivés depuis le début de l'année, soit environ 527 personnes par mois.

Les combats à Pibor ont entraîné un afflux en Ethiopie, toutefois à plus petite échelle par rapport à certaines informations récentes. Environ 16 000 personnes sont arrivées principalement entre février 2012 et février 2013 – avant les combats les plus récents.

Les équipes d'évaluation du HCR reviennent tout juste de la région frontalière à l'intérieur de l'Ethiopie, où elles ont établi l'arrivée de 2 178 réfugiés entre le 7 mai et le 7 juin. Selon les nouveaux arrivants, beaucoup d'autres sont en chemin vers l'Ethiopie depuis les régions de Nyalongoro, Kaiwa et Niate au Soudan du Sud.

« Au Soudan du Sud, nous travaillons à la fois dans l'Etat de Jonglei et au niveau national. Nous plaidons pour une meilleure protection des personnes déplacées », a conclu le porte-parole.

Le 14 mai, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) avait déjà exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire dans la ville de Pibor et de ses alentours et fermement condamné les pillages et déplacements de civils.

Elle s'était dite en outre préoccupée par les déclarations du Mouvement/armée démocratique du Soudan du Sud (M/ADSS), mené par David Yau Yau, qui exigeaient que les civils évacuent dans un délai de deux semaines les villes de Pibor et de Kapoeta dans l'état de l'Équatoria oriental en les menaçant d'attaques imminentes.


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