Le Yémen se trouve au cœur de son processus de transition, dit l'ONU

Le Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Yémen, Jamal Benomar au Conseil de sécurité. Photo: ONU

11 juin 2013 – Le Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Yémen, Jamal Benomar, a souligné mardi, devant le Conseil de sécurité, que le pays, confronté à d'importants défis, en particulier sécuritaire et humanitaire, se trouvait aujourd'hui, avec la poursuite de la Conférence sur le dialogue national, « au cœur de son processus de transition ».

La Conférence de dialogue national, qui s'est ouverte le 18 mars dernier, doit être menée sur une période de six mois, en vue, notamment, de contribuer à la rédaction d'une nouvelle constitution dans le cadre des préparatifs des élections générales prévues en février 2014.

« Des délégués de toutes les grandes formations politiques du pays, y compris les femmes et les jeunes, tracent ensemble le chemin de l'avenir de leur pays », a témoigné M. Benomar.

« Dans un pays qui regorge d'armes et qui a une histoire marquée par le conflit, un tel processus inclusif de dialogue est un grand exploit. Il témoigne de l'engagement du peuple yéménite à choisir le dialogue au détriment de la violence, et le consensus au lieu de la division», a noté l'émissaire de l'ONU.

Cette transition est néanmoins « délicate », a admis le Conseiller spécial, rappelant le « triste événement de dimanche », survenu quand un affrontement entre les forces de sécurité et des manifestants d'Ansar Allah a éclaté devant le Bureau de sécurité nationale à Sanaa, la capitale, faisant plusieurs morts et blessés.

M. Benomar a indiqué que le Yémen est cependant « le seul pays de la région à sortir de la violence de l'année 2011 avec un accord négocié pacifiquement, y compris une feuille de route claire et un calendrier pour la mise en route d'une transition démocratique à grande échelle ».

« Il ne fait aucun doute que la seule voie pacifique pour progresser est un dialogue ouvert et, surtout, traitant de l'héritage du passé », a-t-il estimé. Ainsi, « le Gouvernement doit encore satisfaire à son obligation de mettre en place une commission d'enquête sur les événements de 2011 et d'adopter une loi sur la justice transitionnelle ».

« Seules des étapes cruciales comme celles-ci permettront aux Yéménites de s'assurer un chemin vers la réconciliation nationale », a-t-il dit, déplorant, notamment, le climat de guerre partisane qui règne encore dans les médias.

M. Benomar a par ailleurs souligné que d'autres défis graves pesaient lourdement sur la transition. Par exemple, « la situation sécuritaire reste fragile dans de nombreuses régions du pays », a-t-il déploré.

« Malgré tous les efforts pour lutter contre Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), cette nébuleuse demeure une menace mortelle », a-t-il relevé en notant que le nombre d'assassinats de cadres et de responsables d'organes de sécurité a augmenté.

La crise humanitaire au Yémen se poursuit, quant à elle, « sans relâche », a conclu M. Benomar, plus de la moitié de la population ayant besoin d'une aide pour accéder à la nourriture, aux soins de santé, à l'eau potable et à l'assainissement, tandis que plus d'un million d'enfants souffrent de malnutrition aiguë.

Le Yémen est entré dans une période de transition sous le leadership du Président Hadi, élu en février 2012. Cette élection avait été organisée suite à la signature de l'accord de transition signé par les parties prenantes au conflit qui avait secoué le pays depuis la démission de l'ancien Président, Ali Abdullah Saleh.


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