Myanmar : un expert de l'ONU condamne l'impunité des forces de sécurité vis-à-vis de la minorité musulmane

Un camp de personnes déplacées près de Sittwe, dans l’état de Rakhine, au Myanmar. Photo: Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)

11 juin 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a indiqué mardi que le meurtre la semaine dernière de trois femmes musulmanes rohingyas, qui participaient à une manifestation pacifique dans l'état de Rakhine, est le dernier exemple de l'impunité totale des forces de sécurité.

« Les violations des droits de l'homme commises contre les Rohingyas dans l'état de Rakhine sont systématiques, sans que la responsabilité de quiconque ne soit recherchée. Les réels progrès qui sont enregistrés ailleurs dans le pays ne peuvent justifier de tels faits», souligne M. Quintana dans un communiqué de presse.

Les trois femmes sont mortes le 4 juin lors d'un incident au cours duquel la police aurait ouvert le feu sans distinction sur des Rohingyas qui manifestaient contre l'emplacement proposée de leurs nouveaux foyers, leurs anciennes maisons ayant été détruites l'année dernière lors des violences intercommunautaires. Trois hommes et deux femmes auraient également été blessés dans l'incident.

« Le gouvernement du Myanmar a l'obligation de mener promptement des enquêtes impartiales et approfondies et de traduire les responsables devant la justice », affirme le Rapporteur spécial. « Cependant, depuis le début de des violences dans l'état de Rakhine en juin 2012, je n'ai vu aucune indication de l'intention du gouvernement de respecter cette obligation ».

M. Quintana déclare en outre avoir reçu des accusations consistantes et crédibles faisant état d'un grand nombre de violations commises contre les populations musulmanes dans l'état de Rakhine.

« Les forces de sécurité auraient conduit des rafles dans les villages musulmans, arrêté et torturé les hommes et les garçons en les privant de leur droit à une procédure régulière, dont l'accès à un avocat et à un procès équitable », indique le Rapporteur spécial.

« Les femmes dans ces villages ont vu leur vulnérabilité accrue, notamment aux violences sexuelles de la part des membres des forces de sécurité, puisque les hommes prennent la fuite pour éviter toute détention arbitraire », ajoute-t-il.

Dans son rapport au Conseil des droits de l'homme en mars 2013, M. Quintana proposait au gouvernement du Myanmar de mener les enquêtes, devant l'échec de la Commission d'enquête de Rakhine d'y parvenir.

« Je réitère ma proposition de soutien au gouvernement afin qu'il mette fin aux violations systématiques et répandues des droits des groupes ethniques les plus vulnérables du Myanmar, et ce en toute impunité », déclare M. Quintana.


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