Côte d'Ivoire : le respect des droits de l'homme crucial pour le processus de stabilisation politique, dit un expert de l'ONU

Un poste d’observation de l’ONU en Côte d’Ivoire.

11 juin 2013 – L'expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, Doudou Diène, a affirmé que les acteurs politiques du pays s'accordaient sur l'urgence de lancer un dialogue concernant le statut légal de l'opposition, l'élaboration d'une charte démocratique et la réforme de la commission électorale.

« Ce dialogue s'impose en raison de la proximité des élections présidentielles de 2015 et de la montée des tensions dans la région sahélo-saharienne », a indiqué M. Diène lors de la présentation mardi de son dernier rapport au Conseil des droits de l'homme. « Dans ce contexte, l'arrestation, la semaine dernière, du Secrétaire national de la jeunesse du Front populaire ivoirien, au siège de ce parti et sans mandat d'arrêt, est un message négatif qui n'est pas de nature à favoriser le dialogue ».

« Par contre, la création récente de la Commission nationale ivoirienne de droits de l'homme est une étape significative de la crédibilisation du processus de reconstruction démocratique en cours », a relevé l'expert.

L'engagement de poursuites judiciaires contre les responsables de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, de toutes les tendances politiques, reste selon M. Diène, un défi majeur en Côte d'Ivoire. Pour cela, il est nécessaire et urgent d'assurer une justice impartiale et équitable, a-t-il poursuivi.

C'est à cette fin que l'Expert indépendant a organisé, en février 2013, une conférence internationale sur l'impunité et la justice équitable en Côte d'Ivoire, dont les principales recommandations figurent dans le rapport de M. Diène.

L'Expert indépendant a aussi noté que la réforme du secteur de la sécurité était le facteur décisif du renouvellement du contrat social profondément ébranlé par les années de fragmentation et de vulnérabilité de la population ivoirienne. La réussite du programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration est, dans ce contexte, particulièrement cruciale.

M. Diène a estimé que la levée de l'embargo sur les armes imposé à la Côte d'Ivoire devait être urgemment considérée afin de conforter la sécurité intérieure et de faire face aux risques de déstabilisation inhérents à la crise dans la région du Sahel et du Sahara.

Selon lui, le temps est venu en Côte d'Ivoire pour des initiatives fortes, articulées autour d'une éthique politique et d'une vision nationale, afin d'inverser le cours d'une histoire récente marquée par les conflits et les divisions.

De son côté, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté mardi l'exception d'irrecevabilité concernant l'affaire à l'encontre de Laurent Gbagbo, soupçonné d'avoir commis des crimes contre l'humanité sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

La Chambre a conclu que, en l'absence de preuve tangible montrant des avancées dans les poursuites au niveau national à l'encontre de M. Gbagbo depuis août 2011, il n'est pas démontré que M. Gbagbo fait bien l'objet de poursuites en Côte d'Ivoire, que ce soit pour cette affaire ou pour une autre.

Selon la Chambre préliminaire, l'affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo est donc recevable devant la CPI.


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