République de Corée: une experte de l'ONU réclame plus de liberté pour la société civile

Margaret Sekaggya, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'homme. Photo ONU

7 juin 2013 – La Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, a exhorté vendredi le Gouvernement de la République de Corée à s'assurer que l'ensemble de ses lois et de ses pratiques sont conformes aux normes internationales des droits de l'homme.

« La société civile de la Corée du Sud est dynamique et engagée, notamment dans le domaine des droits de l'homme. Elle est néanmoins confrontée à un nombre de défis qui rendent son travail plus difficile », déclare Mme Sekaggya dans un communiqué de presse à la fin de sa première mission dans le pays.

« Au cours des dernières décennies, la Corée du Sud a réalisé de grandes avancées dans les domaines de la démocratie et du développement économique. Aujourd'hui le pays dispose d'un cadre légal et institutionnel solide. Il dispose donc d'une opportunité unique de consolider les droits de l'homme en octroyant plus de place aux défenseurs des droits qui jouent un rôle essentiel pour la promotion d'un dialogue critique », ajoute-t-elle.

La Rapporteure spéciale a notamment souligné que certaines dispositions légales, telles que la loi qui pénalise la diffamation, la définition trop vague de la sécurité nationale ou encore les lois qui régulent le contenu de l'internet, pourraient être utilisées pour punir les détracteurs du gouvernement et restreindre la liberté d'expression.

« Le dispositif d'autorisation des manifestations impose des limites à l'organisation de rassemblements pacifiques tout en prévoyant de lourdes amendes pour ceux qui manifestent pour défendre leurs droits », explique Mme. Sekaggya.

L'usage de la force de la police lors des manifestations « non-autorisées » est une autre préoccupation de la Rapporteure spéciale, qui a souligné la nécessité d'une meilleure formation des forces de sécurité dans le domaine de contrôle des foules.

« Je suis préoccupée par les restrictions injustifiées du droit d'association de certains groupes de défenseurs des droits humains, en particulier ceux qui défendent les droits des travailleurs et des migrants. Les dispositions contre « l'obstruction du travail » du code pénal criminalisent de façon injuste ceux qui utilisent les rassemblements ou recourent à la grève pour défendre leurs droits », souligne Mme Sekaggya.

Selon elle, de nombreuses catégories de défenseurs des droits de l'homme sont particulièrement visées, dont les journalistes, les syndicalistes et les militants environnementaux.

Lors de sa mission de huit jours en République de Corée, Mme Sekkagya a rencontré un grand nombre d'acteurs de la société, notamment le Premier ministre, des représentants du gouvernement, ainsi que des autorités locales et du secteur judiciaire.


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