Les dommages causés au patrimoine culturel de Tombouctou plus sérieux que prévu, pour l'UNESCO

La porte de la mosquée de Sidi Yahia, à Tombouctou, au Mali, avant et après avoir été endommagées. Photos: UNESCO/Lazare Eloundou Assomo; Ministère de la culture du Mali/DNPC

7 juin 2013 – Une équipe d'experts de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a affirmé vendredi que les dommages causés au patrimoine culturel de Tombouctou au Mali sont plus importants que ce qui avait été envisagé initialement. L'équipe s'est rendue dans la célèbre ville afin d'évaluer les dégâts causés à son patrimoine culturel après les attaques menées par les forces rebelles qui occupaient la région jusqu'au début de l'année.

Cette mission est la première étape vers la reconstruction et la sauvegarde de ces sites, dont plusieurs figurent sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

« La destruction infligée au patrimoine de Tombouctou est encore plus alarmante que ce que nous pensions. Nous avons découvert que 14 des mausolées de Tombouctou, notamment ceux qui se trouvent sur des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, ont été totalement détruits ainsi que deux autres de la mosquée de Djingareyber. Le monument emblématique El Farouk, à l'entrée de la ville, a été rasé», a déclaré le chef de la mission, Lazare Eloundou Assomo du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, dans un communiqué de presse.

« Nous estimons que 4203 manuscrits du Centre de recherche Ahmed Baba sont perdus et que 300.000 autres, qui ont été soustraits et déplacés, essentiellement à Bamako, nécessitent d'urgentes mesures de conservation », a-t-il ajouté.

La mission d'évaluation a été menée par l'UNESCO avec le soutien de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA). Du 28 mai au 3 juin, l'équipe malienne a mené des enquêtes poussées dans la ville et s'est entretenue avec les communautés locales. Le 6 juin, les membres de l'équipe internationale se sont rendus à Tombouctou. Une réunion organisée le 7 juin au matin dans la capitale, Bamako, a permis de mettre en commun le résultat des observations des deux équipes.

L'objectif était de réunir autant d'informations que possible sur l'état du patrimoine culturel de la ville, d'établir ce qui doit être restauré, reconstruit et de protéger ce patrimoine. Il s'agissait aussi de définir comment ce travail doit être mené à bien. Les résultats serviront à finaliser un Plan d'action pour le Mali. Ce plan a été préparé au cours d'une réunion de haut-niveau organisée au siège de l'UNESCO le 18 février.

« A Tombouctou, nous avons rencontré des représentants des autorités administratives et militaires locales, des responsables religieux et les personnes chargées de sécuriser le patrimoine culturel afin de mieux comprendre ce qui s'est passé, pas seulement en ce qui concerne les sites, les musées et les collections de manuscrits mais aussi pour ce qui est du patrimoine vivant de la région, dont les pratiques culturelles et religieuses qui définissent les populations de la région », a expliqué M. Assomo.

Le 5 juin, la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a rappelé l'engagement de l'Organisation en faveur de la reconstruction du Mali et de la sauvegarde de son patrimoine culturel. Elle a notamment affirmé que la réhabilitation du patrimoine malien « n'est pas seulement une question de restauration mais aussi une question de valeurs ». « L'UNESCO a sauvé les temples d'Egypte et reconstruit le pont de Mostar », a-t-elle rappelé. « L'UNESCO reconstruira les mausolées du Mali ».


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