Somalie : le Conseil de sécurité souligne la fragilité des progrès et salue le lancement de la MANUSOM

Un policier gère la circulation à Mogadiscio en Somalie. Photo: ONU

6 juin 2013 – Le Conseil de sécurité, au terme d'un débat que présidait le Ministre du Royaume-Uni pour les questions africaines, M. Mark Simmonds, a salué jeudi le lancement de la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), créée un mois plus tôt.

Pour le Vice-Secrétaire général de l'ONU, M. Jan Eliasson, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la Somalie, il s'agit là d'un « cap historique ».

La MANUSOM est chargée d'appuyer les autorités somaliennes dans le cadre du processus de paix et de réconciliation et, le cas échéant, l'AMISOM – la Mission de l'Union africaine en Somalie créée en 2007- sous forme de conseils stratégiques en matière de consolidation de la paix et d'édification de l'État.

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil se félicite également des progrès récemment enregistrés sur le plan de la sécurité en Somalie mais estime que ces acquis demeurent fragiles.

Il souligne en outre qu'il importe que la communauté internationale aide le Gouvernement fédéral somalien à créer des forces de sécurité professionnelles dans le cadre d'une approche globale de la réforme du secteur de la sécurité en Somalie.

Enfin, le Conseil demeure préoccupé par la précarité des conditions de sécurité en Somalie et par la menace qu'Al-Chabab continue de représenter pour la paix et la sécurité et condamne à nouveau avec la plus grande fermeté les attaques récemment dirigées contre des civils.

« Relever les défis de maintien de la paix dépend avant tout du Gouvernement somalien », a renchéri le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, tout en mettant l'accent sur l'importance des relations de bon voisinage entre la Somalie et les pays voisins.

M. Eliasson a ensuite détaillé les progrès politiques enregistrés en Somalie, avec notamment la formation du Gouvernement fédéral somalien il y a huit mois, l'élaboration d'un programme politique en vue de la consolidation de la paix et le lancement d'un processus de réexamen de la constitution provisoire avant les élections prévues pour 2016.

« La mise en place d'un État fédéral en Somalie est une tâche complexe et exigeante », a ajouté le Vice-Secrétaire général, qui a rappelé les tensions survenues à Kismayo à la suite de la déclaration d'un État régional début avril.

Le 15 mai, 500 délégués ont choisi un président pour ce qu'ils appellent « l'État Djoubalandde la Somalie », alors que cette administration est considérée comme illégale et anticonstitutionnelle, a-t-il affirmé. « La situation reste explosive », a averti M. Eliasson.

Concernant l'AMISOM, M. Eliasson a indiqué qu'elle avait atteint ses limites opérationnelles et avait besoin de ressources supplémentaires. « Le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) va examiner la création éventuelle d'une mission de maintien de la paix des Nations Unies », a poursuivi le Vice-Secrétaire général.

Il s'est ensuite félicité ensuite des annonces de contributions d'un montant total de plus de 300 millions de dollars, lors de la Conférence de Londres II le 7 mai dernier, tout en soulignant l'importance d'une position coordonnée entre les États de la région pour soutenir le processus lancé par le Gouvernement fédéral de la Somalie.

Enfin, M. Eliasson a indiqué que la MANUSOM avait d'ores et déjà établi son siège à Mogadiscio et allait assurer une présence dans tout le pays, notamment dans les zones reprises aux milices d'Al-Chabab ainsi qu'à Garowe et Hargeisa.

Dans sa déclaration, le Conseil souligne l'importance que la MANUSOM établisse rapidement une présence importante à Mogadiscio et au-delà. Il rappelle, enfin, qu'il compte que la MANUSOM sera une mission intégrée d'ici au 1er janvier 2014.


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