L'OIT demande à Israël de lever les restrictions qui empêchent le développement de l'économie palestinienne

Des soldats israéliens fouillent une voiture palestinienne au point de passage se trouvant à la sortie de la ville de Naplouse, en Cisjordanie. Photo: Kobi Wolf/IRIN

6 juin 2013 – En Palestine, la croissance est au point mort et la crise budgétaire se transforme en crise économique et sociale, indique jeudi le rapport annuel de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Selon le rapport, la crise résulte de plusieurs facteurs, y compris l'incapacité chronique des donateurs à tenir leurs engagements, la décision d'Israël de suspendre, au moins de façon temporaire, le versement des recettes fiscales, ainsi que le rythme d'expansion des colonies israéliennes en territoire palestinien.

« La situation exige qu'Israël lève complètement les restrictions imposées aux particuliers et aux entreprises afin de permettre à l'économie palestinienne de croître et de créer des emplois décents », souligne le Directeur général de l'OIT, Guy Ryder, dans la préface du rapport.

« La poursuite de l'occupation et de l'expansion des colonies empêche l'économie palestinienne, surtout son secteur privé, de progresser véritablement », ajoute-t-il. La situation actuelle restera intenable tant que sera ignorée la justice sociale.

« Priver l'Autorité palestinienne des ressources auxquelles elle a droit, intensifier le rythme d'expansion des colonies, déjà sans précédent, et faire supporter à l'économie palestinienne le poids des restrictions et de la colonisation, ne peuvent que détruire la confiance dans la promesse de deux Etats pour deux peuples », ajoute M. Ryder.

Le rapport souligne en outre que la situation n'est pas tenable et qu'aucun statu quo n'est envisageable. Tout effort pour maintenir ce qui peut être perçu comme un statu quo favorise en effet, ou du moins autorise, une dangereuse dégradation de la situation, conclut le rapport.

L'économie palestinienne est grevée par une croissance stagnante, un chômage en hausse, la pauvreté et la dépendance alimentaire. Le nombre de chômeurs palestiniens a augmenté de 15,3% entre 2011 et 2012, avec un taux de chômage qui atteint 23%. La situation est particulièrement grave à Gaza où le chômage a grimpé à 31% et avoisine les 50% parmi les femmes.

Chez les jeunes Palestiniens, 18,4% ne sont ni au travail ni en formation et c'est le cas de 31,4% des jeunes femmes. Ces chiffres inquiétants soulignent le besoin urgent de développer des programmes à grande échelle pour favoriser la transition de l'école au travail, comme une garantie pour l'emploi des jeunes.

Les restrictions excessives, qui sont improductives sur le plan économique et social, empêchent le secteur privé de jouer son rôle de moteur de la croissance.

« Les entraves à la circulation, à l'emploi et à l'activité économique doivent être assouplies de manière permanente afin de créer des emplois décents», précise le rapport.

En outre, le travail dans les colonies reste dans une large mesure non réglementé et exposé aux abus. Le contrôleur des finances publiques et ombudsman d'Israël a ainsi récemment critiqué les autorités israéliennes pour leur lenteur à s'assurer du bon versement des salaires, à examiner les conditions de travail et à prévoir une assurance sociale pour tous les travailleurs des colonies, en particulier les Palestiniens.

Le rapport souligne le rôle que pourrait jouer l'OIT dans l'élaboration de lois, de politiques et de programmes visant à promouvoir le plein emploi, tout en indiquant que l'établissement d'un socle de protection sociale devrait être prioritaire pour la Palestine.

Enfin, le rapport préconise d'intensifier les efforts pour remédier aux difficultés que continuent de subir les citoyens syriens dans le Golan syrien occupé, ces derniers étant également touchés de plein fouet par le conflit en Syrie.

Le rapport est le fruit de plusieurs visites de terrain effectuées dans les territoires arabes occupés et en Israël en mars dernier. Depuis 1980, le Directeur général de l'OIT a reçu le mandat de présenter un rapport annuel à la Conférence internationale du Travail sur la situation des travailleurs des territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien occupé


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