Darfour : le procureur de la CPI demande l'appui du Conseil de sécurité pour mettre fin à l'impunité

Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda au Conseil de sécurité. Photo: ONU

5 juin 2013 – « C'est avec un fort sentiment de frustration, et même de désespoir, que j'interviens aujourd'hui, devant le Conseil de sécurité, sur la situation au Darfour », a dit mercredi le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, en ouverture de son exposé semestriel sur la région.

Réitérant son appel en faveur de la lutte contre l'impunité des auteurs des graves crimes commis au Darfour, elle a invité le Conseil à être à la hauteur des attentes des victimes et « à adopter une approche créative dans ses contacts avec les organisations œuvrant dans cette voie, en particulier la CPI ».

« Je regrette que le Conseil de sécurité n'ait pas pris de mesures après les sept communications officielles qu'il a reçues des juges de la CPI », a-t-elle déploré.

Mme Bensouda a ensuite dénoncé les mesures prises par certains individus affiliés au Gouvernement du Soudan et à des groupes armés, qui continuent de commettre des violences à l'encontre des civils, à saper le processus de paix et à ignorer les appels lancés par le Conseil. C'est pourquoi, a-t-elle rappelé, le Conseil a déféré cette situation à la Cour.

« Je partage pleinement les préoccupations de la Coordonnatrice de l'ONU pour les secours d'urgence, Valerie Amos, face aux 300 000 personnes déplacées au Darfour depuis le début de cette année », a-t-elle également dit.

Elle a ensuite dénoncé l'utilisation de violences sexuelles en tant qu'armes de guerre, les obstacles à la fourniture de l'aide humanitaire, ainsi que les bombardements aériens qu'elle a attribués à une seule partie au conflit.

« J'exhorte le Gouvernement du Soudan à procéder aux arrestations des personnes présumées responsables des attaques contre l'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) », a-t-elle ensuite lancé.

Enfin, le Procureur de la CPI a tenu à préciser que les poursuites engagées par le Gouvernement soudanais en vertu de la loi contre le terrorisme n'entraînaient pas systématiquement de poursuites en justice pour les crimes commis par les forces gouvernementales.

Le Conseil de sécurité a décidé du renvoi de la situation au Darfour devant la CPI en mars 2005. En 2007, la CPI a délivré des mandats d'arrêt contre plusieurs hautes personnalités, dont le Président soudanais Omar Al-Bashir, qui n'ont toujours pas été exécutés.


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