La lutte contre la traite des personnes doit s'attaquer à tous les aspects de ce fléau, selon l'ONU

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, Joy Ngozi Ezeilo. Photo: ONU/Paulo Filgueiras

31 mai 2013 – « L'exploitation sexuelle, le trafic d'organes, les adoptions illégales, les mariages forcés, la mendicité, l'exploitation de la main-d'œuvre, tous ces facteurs alimentent la traite des personnes», indique la Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, dans un rapport vendredi remis au Conseil des droits de l'homme.

« Cette demande doit être entendue au sens large, comme le moteur de toutes les exploitations, et ce faisant, de la traite des êtres humains », poursuit-elle.

« Les mesures prises par les Etats pour décourager la demande sont souvent axées sur la demande aux fins d'exploitation sexuelle, en particulier des femmes et des jeunes filles, et négligent d'autres aspects, tels que la demande pour une main-d'œuvre exploitée et la vente d'organes », estime Mme Ngozi Ezeilo.

Dans son rapport, elle exhorte en conséquence les gouvernements

à élargir leur perception de la traite des êtres humains afin d'inclure tous les aspects de ce fléau, en particulier les facteurs social, économique, culturel et juridique de la demande.

« Les Etats ont la responsabilité de protéger les droits humains contre tout abus, en particulier ceux des personnes exploitées par des entreprises commerciales et des groupes criminels», dit la Rapporteure spéciale.

Mme Ngozi Ezeilo appelle également les gouvernements à faire en sorte que les entreprises commerciales placées sous leur juridiction respectent les droits de l'homme et prennent les mesures qui s'imposent pour éliminer l'exploitation des personnes, et ce, indépendamment de la taille, du secteur, de la structure et du propriétaire de l'entreprise.

« Les entreprises sont des partenaires importants dans la lutte contre la traite des êtres humains », poursuit la Rapporteure spéciale, ajoutant que dans la majorité des affaires qui lui ont été soumises, les acteurs privés se livraient fréquemment à l'exploitation de main d'œuvre.

« La traite des êtres humains se rencontre dans un grand nombre de secteurs économiques, tels que l'agriculture, l'horticulture, la construction, le textile, l'agroalimentaire ou bien encore le conditionnement », avertit Mme Ngozi Ezeilo.

En conclusion, la Rapporteure spéciale souligne la nécessité que les mesures prises dans la lutte contre la traite des personnes ne le soient pas au détriment des droits humains et de la dignité des personnes exploitées.


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