L'UNICEF appelle à un « changement de mentalités » pour inclure les enfants atteints d'un handicap

Des enfants dans un centre pour handicapés à Hargesia en Somalie. Photo: IRIN/Jane Some

30 mai 2013 – Les enfants en situation de handicap ont les mêmes droits que tous les enfants mais font partie des personnes les plus invisibles et marginalisées au monde, indique le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dans un rapport publié jeudi, qui propose également des mesures pour mieux les associer à la vie de la cité.

Ce rapport, qui a été lancé plus tôt dans la journée à Da Nang au Viet Nam, est la première étude menée à l'échelle internationale sur les enfants atteints d'un handicap.

Ces enfants ne représentent pas des problèmes mais sont des sœurs, des frères, des filles, des fils et des amis avec des rêves et des droits, dit le rapport, qui réfute l'acception commune selon lesquelles ces enfants doivent être assistés et insiste plutôt sur les avancées permettant d'enlever les obstacles à la pleine concrétisation de leurs droits.

« L'inclusion des enfants handicapés dans la société est possible pour autant qu'il y ait un changement dans les mentalités. Ces enfants doivent être reconnus comme des agents de changement, dotés d'autonomie et de droits, et pas seulement comme des bénéficiaires de mécanismes d'assistance», insiste le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, dans sa préface. « Leurs voix doivent être entendues et influencer nos programmes », poursuit-il.

Parmi ses principales recommandations, l'UNICEF exhorte les pays qui ne l'ont pas encore fait à ratifier et mettre en œuvre la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées et la Convention sur les droits des enfants. 127 pays, ainsi que l'Union européenne, ont ratifié la première Convention alors que la dernière a été signée par 76 pays.

Les discriminations sont à la racine des difficultés rencontrées par les enfants en situation de handicap, rappellent les auteurs du rapport, qui souhaitent une sensibilisation accrue au handicap du grand public, des responsables et des prestataires de services aux enfants et adolescents.

Une inclusion de ces enfants pourrait être facilitée par des trottoirs équipés de rampe, des portes automatiques, des bus au ras du sol ou bien encore un plus grand nombre de livres audio, proposent les auteurs, pour lesquels la rénovation des bâtiments et des infrastructures afin de les rendre accessibles à tous n'a pas un coût rédhibitoire.

Le rapport propose également de mettre en terme à « l'institutionnalisation » des enfants en situation de handicap, pour mieux appuyer les soins dispensés au sein des familles et des communautés.

« Séparer les enfants atteints d'un handicap de leurs familles est une violation de leurs droits, à moins que les autorités compétentes ne jugent que cela est de leur intérêt », écrivent les auteurs, qui rappellent que les familles avec des enfants en situation de handicap font face à des dépenses accrues – de 9 pour cent au Viet Nam à 69 pour cent au Royaume-Uni – qui augmentent leurs risques de devenir pauvres.

Parmi les pistes évoquées pour compenser ces dépenses, le rapport propose des prestations sociales, des allocations de transport ou la mise à disposition via un financement ad hoc d'auxiliaires de vie.

Selon une statistique de 2004 largement relayée mais que le rapport remet en question, près de 93 millions d'enfants, soit un enfant sur 20 âgé de moins de 14 ans, vivent avec un handicap, qu'il soit modéré ou sévère.

« Que les enfants en situation de handicap bénéficient des mêmes droits et opportunités que les autres – en tous lieux et en toutes circonstances - sera le critère ultime d'évaluation des efforts internationaux et nationaux menés en leur faveur », concluent les auteurs du rapport.


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