Ban Ki-moon exhorte les Etats membres à rejoindre la Convention contre les disparitions forcées

La mère d’un Argentin porté disparu raconte son histoire lors d’une visite du Secrétaire général ban Ki-moon à Buenos Aires, en juin 2011. Photo ONU/Evan Schneider

29 mai 2013 – Le Secrétaire général des Nations Unies a appelé mercredi tous les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à rejoindre la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et mettre ainsi un terme à l'impunité.

« Nous devons faire toute la lumière sur les cas de disparitions forcée, prévoir une réparation pour les victimes et traduire les responsables en justice », a dit M. Ban hier, lors du vernissage d'une nouvelle exhibition de photographies au Siège des Nations Unies à New York, intitulée « Absences ».

Cette exposition rend hommage aux douzaines de personnes qui ont disparu suite à la suppression par certains Etats des aspirations légitimes à la démocratie et à la liberté d'expression et de religion.

Les « desaparecidos » du gouvernement militaire qui a gouverné l'Argentine de la fin des années 70 au début des années 80 font partie de ces victimes.

Les mères et grand-mères de certains des « desaparecidos » honorés par l'exposition étaient présentes lors de l'inauguration de l'exposition. M. Ban a exhorté les Etats membres à entendre les appels émouvants de ces proches et à ratifier et mettre en œuvre la Convention précitée.

La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a été adoptée en 2006 par l'Assemblée générale et est entrée en vigueur le 23 décembre 2010. Elle a reçu le soutien de 38 pays.

La Deuxième conférence des États parties à la Convention a par ailleurs évalué, ce mercredi matin, les progrès visant à mettre fin à ce type de disparitions. L'urgence d'une accélération de la ratification de la Convention a été soulignée avec force par de nombreux participants.

La Présidente des Grands-mères de la Place de Mai en Argentine, lauréate de Prix des Nations Unies et de l'UNESCO pour la paix, Mme Estela Carlotto, a indiqué que 40 ans après les faits, son mouvement avait pu retrouver 107 petits-enfants mais qu'il en restait encore plus de 400 disparus.

Aux termes de la Convention, on entend par « disparition forcée » l'arrestation, la détention, l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État.

M. Ban s'est également remémoré une visite qu'il avait effectuée il y a deux ans à l'Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits humains à Buenos Aires en Argentine.

« J'avais été extrêmement ému de voir les chambres où des milliers de personnes ont été arrêtées, torturées puis ont disparu », a-t-il lancé, ajoutant que toutes les sociétés ayant connu ces tragédies devaient œuvrer à l'établissement de la vérité historique.


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