L'Union européenne doit mieux garantir les droits des migrants, selon un expert de l'ONU

Le Rapporteur spécial sur les droits des migrants, François Crépeau. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

28 mai 2013 – La politique migratoire de l'Union européenne (UE) doit poursuivre des objectifs autres que sécuritaires et inclure une approche articulée autour de la défense des droits humains, a affirmé mardi un expert indépendant des Nations Unies.

« L'Union européenne a progressivement inscrit la régulation des flux migratoires et le contrôle des frontières dans un cadre répressif, et ce au détriment de la défense des droits de l'homme », a affirmé devant le Conseil des droits de l'homme de Genève le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme des migrants, François Crépeau.

« Je trouve regrettable que l'Union européenne considère principalement l'immigration clandestine comme une menace à sa sécurité », a dit M. Crépeau, ajoutant qu'une telle approche était incompatible avec la conception qui voit dans chaque migrant un individu égal doté de droits.

Pendant un an, M. Crépeau a étudié les droits des migrants dans la région euro-méditerranéenne et mis l'accent sur la gestion des frontières extérieures de l'UE dans des pays de transit clés – la Turquie et la Tunisie – ainsi que dans deux des principaux points d'entrée, la Grèce et l'Italie.

« La détention systématique des clandestins est désormais vue comme un outil légitime du contrôle des flux migratoires, en dépit du manque de preuves attestant de son caractère dissuasif », a déploré le Rapporteur spécial.

Il a en conséquence appelé les responsables de l'UE à s'attaquer aux causes de l'immigration irrégulière, telles que la demande en personnel saisonnier, peu qualifié et corvéable à merci, et à ouvrir de nouvelles possibilités d'immigration légale qui permettraient de répondre aux besoins du marché du travail de l'Union européenne.

Dans son rapport au Conseil, M. Crépeau souligne également que le contrôle des frontières a été « externalisé », puisque les pays de départ ou de transit ont l'entière responsabilité de prévenir l'immigration clandestine. « L'UE devait partager cette tâche entre ses Etats membres », préconise-t-il.

M. Crépeau fait partie des Rapporteurs spéciaux qui présentent leur rapport annuel thématique lors de dialogues avec le Conseil des droits de l'homme, dont la vingt-troisième session s'est ouverte hier pour s'achever le 14 juin. M. Crépeau doit présenter son rapport devant diverses instances de l'Union européenne, y compris lors d'un lancement public jeudi et vendredi au Parlement européen.


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