Guatemala : Les victimes ont droit à réparation, dit l'ONU, après l'annulation dans le procès Rios Montt

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

24 mai 2013 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a rappelé vendredi que les victimes de génocide au Guatemala ont droit à réparation et que les États ont l'obligation de traduire en justice les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide.

Le 10 mai, l'ancien chef d'Etat de facto du Guatemala, José Efraín Ríos Montt, avait été condamné en première instance pour génocide et crimes contre l'humanité. Dix jours plus tard, la Cour constitutionnelle du pays annulait le jugement pour vice de procédure, engendrant une incertitude juridique qui, pour le Haut-commissariat, ne doit pas faire obstacle à la réparation des victimes.

« Les victimes ont attendu trois décennies pour que les atrocités commises contre communauté ixile soient enfin jugées. Il est regrettable qu'un verdict d'une telle importance ait été annulé pour des raisons de procédure », a déclaré, depuis Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat Rupert Colville.

« Nous espérons que cette affaire soit un jour tranchée sur le fond », a-t-il poursuivi. La Cour constitutionnelle a renvoyé l'accusé devant le tribunal qui l'a jugé pour un procès dont la date n'est pas encore connue.

En condamnant en première instance M. Rios Montt, le Guatemala était devenu le premier pays au monde où un ancien chef d'Etat est condamné pour génocide par une juridiction nationale. La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait alors salué un verdict historique, soulignant le courage et la persévérance des victimes, de leurs proches et des survivants, ainsi que le travail accompli par les avocats, les procureurs et les juges, en dépit de menaces graves et d'intimidations.

Ríos Montt avait été condamné à 80 ans pour son rôle de premier plan dans le meurtre de 1 771 personnes et les déplacements forcés, la famine, les tortures, les violences et les agressions sexuelles systématiques infligés, de manière intentionnelle, aux communautés mayas ixiles du Guatemala, alors qu'il était au pouvoir entre 1982 et 1983.

Au total, quelque 200 000 personnes – dont plus de 80 pour cent étaient des indigènes d'origine maya – ont été tuées au cours des 36 ans qu'a duré la guerre. La période au cours de laquelle Ríos Montt était au pouvoir est considérée comme son épisode le plus sanglant.


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