Valérie Amos demande que le Darfour ne disparaisse pas des priorités de la communauté internationale

Valéria Amos arrive à El Fascher au Drafour au Soudan. Photo: MINUAD/Albert González Faran

23 mai 2013 – Au terme de sa mission de trois jours au Soudan, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a rappelé jeudi que ce pays continue de faire face à de nombreux défis, dont les situations au Darfour et dans les états du Kordofan méridional et du Nil bleu. En plus du nombre considérable de personnes déplacées, une crise alimentaire sévit dans plusieurs régions du pays.

« Même si la situation au nord du Darfour s'est calmée après les combats en début d'année autour des mines d'or de Jebel Amir, les heurts se poursuivent malheureusement dans d'autres zones du Darfour », affirme Mme Amos dans un communiqué de presse.

« Selon nos estimations, 300.000 personnes ont été déplacées par la violence dans le Darfour au cours des cinq premiers mois de l'année, ce qui est supérieur au nombre de déplacements forcés lors des deux années précédentes. La situation est très préoccupante et les agences humanitaires ont du mal à répondre aux besoins », ajoute-t-elle.

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires souligne également que les fonds disponibles ne suivaient pas l'augmentation des besoins, en raison de plusieurs facteurs, dont des préoccupations concernant l'accès de l'aide et la situation économique mondiale difficile.

« Le Darfour ne doit pas disparaître de la liste des priorités de la communauté internationale. 1,4 million de personnes vivent dans des camps, la majorité de la population du Darfour n'a pas d'accès aux services de santé et d'éducation. Les défis restent énormes », rappelle Mme Amos.

Concernant la situation dans les états du Kordofan méridional et du Nil bleu, Mme Amos s'est félicité de l'accès accru des agences humanitaires aux populations touchées par les heurts dans les zones contrôlées par le gouvernement. « Des préoccupations subsistent concernant la sécurité des civils dans les zones qui échappent à ce contrôle », relève-t-elle.

« Les témoignages des réfugiés nous rappellent l'ampleur des défis des civils se trouvant dans une zone de guerre. Les denrées alimentaires manquent, les gens meurent tous les jours du manque d'accès aux soins de santé, à l'eau potable et aux autres services de base », poursuit Mme Amos.

Si l'ONU a plusieurs fois condamné les attaques armées des forces soudanaises contre des civils, il est, selon Mme Amos, important de souligner que les groupes rebelles sont également responsables de telles attaques.

« Les civils payent le prix fort de la guerre. Le peuple soudanais a assez souffert. J'appelle les parties prenantes à cesser les combats et à résoudre leurs différends par des moyens pacifiques. Surtout, je leur demande d'assurer la protection des civils et de respecter leurs obligations conformément au droit international ».

Les états du Kordofan méridional et du Nil Bleu, situés au nord de la frontière avec le Soudan du Sud, sont le théâtre d'affrontements entre les forces gouvernementales soudanaises et les rebelles du SPLA/Nord.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Après une décennie d'opérations humanitaires, l'ONU demande d'aider le Darfour pour qu'il parvienne à l'autosuffisance

En savoir plus





Coup de projecteur