À Kinshasa, Ban exhorte à traduire en actes les nouvelles perspectives de paix en RDC

Ban Ki-moon (à gauche) avec le Président de la Banque mondiale Jim Kim (à droite) et le Président de la RDC, Joseph Kabila. Photo: MONUSCO/Myriam Asmani

22 mai 2013 – En visite en République démocratique du Congo (RDC), aux côtés du Président de la Banque mondiale, Jim Kim, le Secrétaire général des Nations Unies a indiqué mardi, à la suite d'une réunion avec le président de la RDC Joseph Kabila, que le pays et la région des Grands Lacs se trouvaient à un moment critique.

« Le Président Kabila et 10 autres dirigeants africains ont signé un accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération qui revêt la plus haute importance et ouvre des perspectives de paix telles qu'il n'y en a pas eu depuis longtemps » a-t-il rappelé à Kinshasa.

« Mais cet accord doit se traduire par des actes tangibles. Un accord de paix doit rapporter des dividendes de paix à la population », a poursuivi Ban Ki-moon, qui a indiqué que sa visite dans la région était une manifestation de la solidarité et de l'appui sans réserve des Nations Unies. Le Secrétaire général - qui doit se rendre dans les prochains jours au Rwanda et en Ouganda - a indiqué que partout où il ira « il engagera instamment les dirigeants à jouer le rôle qui leur revient ».

« Le Président Kabila donne suite aux engagements nationaux qu'il a pris », a-t-il poursuivi, avant de se féliciter de la création du mécanisme de contrôle national, qui permettra de surveiller le respect de ces engagements, notamment en ce qui concerne les grandes réformes, le dialogue politique et la réconciliation.

En signant cet Accord-cadre en février 2013, la RDC, l'Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l'Ouganda, la Tanzanie et la Zambie sont convenus de protéger la souveraineté territoriale et de préserver la paix et la stabilité de la RDC en développant des relations de confiance mutuelle. L'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour les Grands Lacs, Mary Robinson, assure notamment la supervision de la mise en œuvre de cet accord.

Concernant le récent renforcement de la MONUSCO par le Conseil de sécurité, Ban Ki-moon a indiqué que ce n'était là qu'un élément d'un processus politique plus large visant à trouver une solution globale. Dans une résolution adoptée le 28 mars 2013, le Conseil a en effet décidé de créer une brigade d'intervention au sein de la MONUSCO chargée de mener des opérations offensives ciblées contre les groupes qui menacent la paix et la sécurité dans l'est de la RDC.

Il a tenu également à faire part de sa profonde inquiétude devant le récent retour de la violence du fait du M23. « J'exhorte le Président Kabila à donner aux forces armées de la RDC les instructions nécessaires afin qu'elles se conforment strictement au droit international humanitaire et protègent la population civile », a-t-il affirmé. Il a indiqué qu'il fallait assurer, tout en répondant aux défis sécuritaires, la sûreté des civils, en particulier les femmes et les jeunes filles, contre lesquelles les menaces de violence sexuelle ne peuvent être tolérées.

« La communauté internationale restera à vos côtés. Trop de gens souffrent depuis trop longtemps », a ensuite lancé M. Ban, qui a estimé que l'heure de la paix et du développement était venue pour les habitants de la RDC et de la région. « C'est pour ça que nous sommes ici. Et c'est derrière ces objectifs que nous mettrons tout notre poids », a-t-il affirmé.

Pour le premier jour de sa visite en RDC, le Secrétaire général a également rencontré le Premier Ministre, Matata Ponyo Mapon, ainsi que des membres de l'Assemblée nationale. A l'issue de cette dernière rencontre, il a souligné le rôle critique des parlementaires qui représentent la voix et les aspirations du peuple. « C'est d'eux que dépendra en grande partie la suite donnée aux engagements nationaux, notamment ceux qui portent sur des réformes difficiles et sur le dialogue politique », a-t-il déclaré.

Enfin, lors d'une réunion ouverte avec le personnel des Nations Unies et de la Banque mondiale présent à Kinshasa, M. Ban a rappelé que les deux organisations œuvraient ensemble à l'avancement de l'Initiale mondiale pour l'éducation et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé en RDC.

« Notre partenariat est crucial pour passer de la phase humanitaire à la phase de relèvement et de développement », leur a-t-il lancé, avant de plaider pour le renforcement continu de ce partenariat en RDC, dans la région et dans le monde.


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