Experts de l'ONU : les objectifs de développement durable pour la période post-2015 doivent combattre l'inégalité

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

21 mai 2013 – Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies ont exhorté mardi les pays du monde entier à assurer que les objectifs de développement durable pour la période post-2015 accordent une priorité à l'égalité, la protection sociale et la responsabilité, en rappelant que plus d'un milliard de personnes dans le monde vivent toujours dans la pauvreté.

« La montée de l'inégalité a gravement sapé les réalisations effectuées dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) », ont déclaré les experts dans un message adressé aux États membres qui se réunissent cette semaine à New York pour discuter de la formulation des nouveaux objectifs pour la période après 2015, date butoir des OMD.

« Les objectifs de développement durable qui ne tiendraient pas compte du sort des personnes défavorisées seraient comme des objectifs de croissance économique. Même lorsqu'ils sont atteints, ils n'ont pas forcément d'impact pour assurer un monde plus juste et égalitaire », ont-ils ajouté.

Les experts indépendants de l'ONU ont souligné qu'à l'approche de 2015 les pays devaient garder en tête le milliard de personnes qui continuent de vivre dans la pauvreté et sont exposées à l'insécurité alimentaire. « Les objectifs doivent être plus précis que des déclarations consensuelles qui ne constituent qu'un effort minimal et ne traitent pas les injustices économiques de fond», ont souligné les experts.

Les experts ont demandé la formulation d'un objectif spécifique dédié à la lutte contre les inégalités, et qui viserait à établir des normes minimales de protection sociale, ainsi qu'un mécanisme incitant les pays à respecter leurs engagements aux niveaux national et international. « La volonté politique est une étape essentielle vers la mise en place de droits humains contraignants. Elle doit être aussi ambitieuse que possible », ont affirmé les experts.

Actuellement, 1% de la population mondiale détient 40% des richesses, alors que les plus pauvres, qui représentent 50% de la population, possèdent seulement 1% des richesses.

Le groupe d'experts est composé de :

• la Rapporteuse spéciale sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, Magdalena Sepulveda

• le Rapporteur spécial pour la promotion d'un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas

• l'Expert indépendant sur la dette extérieure et les droits de l'homme, Cephas Lumina

• le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter

• le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue

• le Rapporteur spécial sur le droit à la santé, Anand Grover

• la Rapporteuse spéciale sur l'indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul

• le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme des migrants, François Crépeau

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