L'annonce par la Papouasie Nouvelle-Guinée d'appliquer de nouveau la peine de mort est un revers majeur, regrette l'ONU

Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Photo ONU/Jean-Marc Ferré

17 mai 2013 – Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé vendredi sa vive préoccupation concernant l'annonce par les autorités de Papouasie Nouvelle-Guinée de réintroduire la peine de mort dans son système répressif. « Cette décision représente un revers majeur », a déploré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'une conférence de presse à Genève.

La Haut commissaire a envoyé une lettre au Premier ministre de ce pays l'exhortant à maintenir le moratoire et à faire partie du nombre croissant d'États membres qui ont aboli cette peine, dont 11 États du Pacifique, a-t-il expliqué. La Papouasie Nouvelle-Guinée avait décidé en 1954 d'un moratoire sur la peine de mort avant de voter une loi en 1970 prohibant son application.

« La recrudescence des crimes violents en Papouasie Nouvelle-Guinée, tels que les viols, les actes de torture et les meurtres, pose, il est vrai, un défi considérable. Néanmoins, il n'a jamais été prouvé que la peine de mort soit plus dissuasive que d'autres sanctions pénales », a rappelé M. Colville.

Le porte-parole du HCDH a également déploré la reprise de l'application de la peine de mort en Indonésie où quatre hommes viennent d'être exécutés. « Cette évolution est d'autant plus regrettable que l'Indonésie était proche d'établir un moratoire», a déclaré M. Colville, précisant que le pays n'avait pas procédé à une exécution depuis 2008.

Depuis 2007, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté quatre résolutions appelant les États à établir un moratoire sur la peine de mort afin d'ouvrir la voie à son abolition universelle. À ce jour, 150 des 193 États membres de l'ONU ont aboli la peine de mort ou arrêté de l'appliquer.

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