La Représentante de l'ONU demande au Conseil de sécurité d'aider la République centrafricaine à sortir de l'anarchie

Au centre communautaire Don Bosco, situé à Bangui, le PAM distribue des rations alimentaires aux Centrafricains déplacés. Photo: PAM/Charlene Cabot

15 mai 2013 – La Représentante spéciale du Secrétaire général en République centrafricaine, Margaret Vogt, a rappelé mercredi devant les membres du Conseil l'urgence de créer une force de sécurité neutre pour « contenir l'état actuel d'anarchie » régnant dans ce pays. Elle leur a également demandé d'envisager des sanctions contre les éléments de la Séléka, responsables de violations flagrantes des droits de l'homme.

Mme Vogt, qui est également chef du Bureau intégré de l'ONU en République centrafricaine (BINUCA), présentait le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil qui décrit la situation en République centrafricaine comme «intolérable ». Dans le droit fil de ce rapport, Mme Vogt a exhorté la communauté internationale à envoyer un message fort aux dirigeants de la Séléka que les assassinats, pillages, et les changements anticonstitutionnels de gouvernement ne resteront pas impunis.

« Le Conseil de sécurité doit agir rapidement pour protéger la population de l'assaut de ces groupes armés », a-t-elle poursuivi, estimant que le moment est venu d'envisager l'imposition de sanctions individuelles contre les auteurs de ces violations flagrantes du droit international. « Nous ne voulons pas que des gens désespérés se sentent contraints de prendre la loi entre leurs propres mains », a déclaré la Représentante spéciale.

De leurs côtés, le Haut Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, et le Secrétaire général, Ban Ki-moon, ont également exprimé leurs préoccupations quant à la détérioration de la sécurité dans le pays, alors que la Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a indiqué qu'elle regardait de prés les crimes commis contre des civils.

Les hostilités ont éclaté en République centrafricaine en décembre 2012, lorsque la coalition rebelle Séléka a lancé une série d'attaques, pris le contrôle des principales villes du pays et avancer sur la capitale, Bangui, avant d'accepter d'entamer des pourparlers de paix sous les auspices de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).

Les accords de Libreville conclus en janvier 2013 par le gouvernement et les trois principales formations rebelles de la Séléka, avaient aidé à rétablir une certaine stabilité en République centrafricaine, nation à l'histoire politique troublée et théâtre de conflits armés récurrents.

Ces accords, auxquels Mme Vogt exhorte les rebelles de se conformer, précisent que toutes les forces de sécurité doivent être cantonnées, désarmées et démobilisées pour être converties en une force de sécurité réformée. Dans son rapport, M. Ban indique que la CEEAC a accepté d'augmenter le nombre de troupes de 700 à 2000, tout en précisant que la possibilité de déployer une force de maintien de la paix des Nations Unies était mince.

Sur le plan humanitaire, la situation en République centrafricaine est « effroyable », en particulier dans les domaines de l'accès aux soins médicaux, à la nourriture et autres services de base. Le risque de famine est considérable. Selon les données de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), plus de 80.000 personnes, dont 57.000 enfants de moins de cinq ans, sont menacées par l'insécurité alimentaire à la veille de la saison de soudure de mi-mai à Septembre.


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