Pêche : L'OIT lance un dialogue mondial pour de meilleures conditions de travail dans ce secteur

15 mai 2013 – Des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs se réunissent aujourd'hui au Siège de l'Organisation internationale du Travail (OIT) pour le Forum de dialogue mondial sur le travail décent dans l'industrie de la pêche afin d'améliorer les conditions de travail dans ce secteur. La ratification et l'application de la convention sur le travail dans la pêche de l'OIT de 2007 seront au cœur des discussions.

Lors de ce Forum qui s'achèvera le 17 mai, les délégués vont discuter du rôle de cette convention pour promouvoir de meilleures conditions de travail et faire face aux défis que connaît ce secteur. Parmi les thèmes abordés figurent la santé et la sécurité au travail, les conditions de travail à bord des petits bateaux de pêche, le travail forcé et le trafic d'êtres humains, le travail des enfants, les conditions de travail des pêcheurs migrants, la pêche illégale et la sécurité alimentaire.

« Le Forum devrait s'accorder sur la marche à suivre pour formuler une législation nationale qui permette la ratification et la mise en œuvre de la convention. L'OIT peut contribuer à la résolution des défis qui se posent à de nombreux pays.», affirme le Président du Forum, Nigel Campbell, dans un communiqué de presse.

Les délégués traiteront aussi de la nécessité de renforcer le dialogue social entre les représentants des propriétaires des navires et les pêcheurs. Ils partageront également leurs expériences quant aux efforts déployés pour appliquer cet instrument dans leurs pays d'origine et sur leurs propres bateaux de pêche.

La convention sur le travail dans la pêche de l'OIT a été adoptée pour garantir aux pêcheurs des conditions de travail décentes à bord des navires de pêche. La convention institue notamment un mécanisme pour garantir le respect et l'application de ses dispositions par les Etats. En outre, les gros navires de pêche et ceux qui effectuent de longs périples internationaux peuvent faire l'objet d'inspections du travail dans les ports étrangers.

Selon un rapport de l'OIT préparé pour la réunion, les conditions de travail sont souvent difficiles dans la pêche, quel que soit le type et la taille des opérations. En outre, les pratiques d'emploi sont très différentes, du petit bateau de pêche familial aux grands navires propriétés de vastes conglomérats, des opérations de pêche d'une journée en mer aux longs périples de plusieurs mois. « Cette diversité est souvent un obstacle à la constitution par les employés et les employeurs d'organismes capables d'agir comme partenaires sociaux », explique M. Campbell

Le nombre et la diversité des régimes juridiques est un autre défi majeur. Dans certains pays, l'autorité de sûreté maritime contrôle les conditions d'emploi tandis que, dans d'autres, c'est le rôle d'une agence ou du ministère du Travail ou de la Pêche. Enfin, dans de nombreux pays, les règles de sécurité ne s'appliquent qu'aux gros navires, les petites embarcations n'étant que rarement, voire jamais, inspectées.

Pour l'OIT, tous les travailleurs devraient bénéficier d'une protection juridique de leurs conditions de travail. Une telle protection devrait se traduire pour les pêcheurs – dont le rôle est crucial pour l'échelle alimentaire mondiale – par des lois et réglementations nationales minimales mettant en application les dispositions de la convention sur le travail dans la pêche.


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