La stagnation de la Bosnie-Herzégovine tranche avec un contexte régional dynamique, regrette le Haut Représentant de l'ONU

Le Haut Représentant des Nations Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko (à droite), au Conseil de sécurité. Photo ONU/Eskinder Debebe

14 mai 2013 – Le Haut Représentant des Nations Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko, a informé mardi le Conseil de sécurité que la situation de la Bosnie-Herzégovine stagnait, malgré l'engagement renforcé de l'Union européenne.

« Dans le même temps, la Serbie et le Kosovo œuvrent à la normalisation de leurs relations à la suite de l'accord historique qu'ils ont récemment signé, la Croatie n'est qu'à sept semaines de sa pleine adhésion à l'Union européenne et les progrès du Monténégro sont impressionnants », a-t-il souligné.

M. Inzko a expliqué le retard de la Bosnie-Herzégovine par l'approche négative de certains dirigeants qui continuent de mettre leurs intérêts avant ceux de la population. Il a particulièrement déploré que les différents responsables bosniens n'aient pu atteindre un accord en vue de l'application d'un arrêt clef de la Cour européenne pour les droits de l'homme, ce qui aurait permis d'avancer dans le processus d'intégration européenne.

« La crise politique s'est aggravée en Bosnie-Herzégovine au cours des six derniers mois », a-t-il expliqué, mentionnant le blocage persistant qui entoure la composition du Parlement et la détention du Président de la Fédération bosnienne depuis le 26 avril dernier pour des faits de corruption et d'octroi de pardons présidentiels en échange de paiements.

« En revanche, le gouvernement de la République Srpska continue de se réunir régulièrement, malgré un contexte économique et social difficile, ce qui constitue un net contraste avec la Fédération », a-t-il noté.

Très inquiet pour la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine, M. Inzko a regretté le manque de respect pour les droits de l'homme et la rhétorique extrêmement négative ayant cours dans le pays, certaines déclarations faisant totalement abstraction du massacre de Srebrenica.

« Les autorités de Belgrade, au contraire, méritent le plus haut éloge, le Président de la Serbie ayant même fait un pas courageux en reconnaissant ce massacre », a commenté le Haut Représentant.

Par ailleurs, a-t-il fait observer, les habitants de Mostar n'ont toujours pas pu voter pour élire leurs représentants locaux, alors que le reste du pays s'est rendu aux urnes le 7 octobre 2012. « Les responsables politiques n'ont toujours appliqué la décision rendue en 2010 par la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine relative au système électoral de la ville », a-t-il regretté.

Le Haut-Représentant a néanmoins mentionné certains aspects positifs tels que les réunions régulières du Conseil des ministres de l'État, remanié au niveau des partis en novembre 2012, et l'adoption dans les délais requis du budget de l'État pour l'année en cours.

« Les responsables et les partis politiques de la Bosnie-Herzégovine sont face à des choix de plus en plus urgents. Ils doivent œuvrer, ensemble, s'ils ne veulent pas échouer, tous ensemble », a-t-il conclu, en les exhortant à agir dans un esprit de compromis.


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