L'ONU demande un soutien accru au Plan d'action mondial pour la lutte contre la traite des personnes.

La salle de l’Assemblée générale de l’ONU. Photo ONU/Eskinder Debebe

13 mai 2013 – À l'occasion d'une réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur l'évaluation du Plan d'action mondial des Nations Unies pour la lutte contre la traite des personnes, son Président, Vuk Jeremic, a exhorté les États membres à mettre en œuvre les traités pertinents et à coopérer davantage pour lutter contre ce fléau.

« La traite est une activité criminelle transnationale qui génère 32 milliards de dollars par an », a-t-il rappelé, estimant à 25 millions le nombre de personnes concernées par le Plan d'action mondial. M. Jeremic a ensuite souligné la nécessité de renforcer la coopération internationale sous l'égide de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). « Aucun effort logistique, financier et humain ne doit être épargné pour mettre un terme à cette version moderne de l'esclavage », a-t-il affirmé.

De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé que les trafiquants prennent toujours pour cible des personnes vulnérables. Au début de ce mois, les autorités du Yémen ont ainsi dû libérer environ 500 migrants éthiopiens piégés par des trafiquants, a-t-il indiqué, soulignant que ces victimes étaient essentiellement des femmes et des filles dont plusieurs avaient été torturées et abusées.

« Les revenus produits par la traite des personnes ont des effets dévastateurs pour les économies nationales», a aussi affirmé M. Ban, qui a ensuite appelé à la ratification universelle du Protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.

Rappelant que l'Organisation internationale du Travail (OIT) avait récemment entendu les témoignages de centaines de victimes sur les mauvais traitements et tortures qu'elles avaient subis, le chef de l'ONU a demandé « à répondre à leur appel afin que justice soit faite ».

Le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a, pour sa part, attiré l'attention sur les défis qui subsistent dans l'application de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et de son Protocole additionnel relatif à la traite des personnes.175 États sont aujourd'hui parties à la Convention, 154 ayant ratifié le Protocole additionnel.

Actuellement, 83% des pays du monde possèdent des lois pour combattre la traite des personnes, alors que ce taux n'était que de 60% en 2009, avant l'adoption du Plan d'action mondial, a-t-il indiqué, notant une augmentation des condamnations dans 25% des pays. « Il manque encore 39 ratifications au Protocole pour qu'il devienne universel », a toutefois rappelé M. Fedotov.


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