Le Vice-Secrétaire général de l'ONU en appelle à «une vision commune» pour une Somalie «nouvelle»

Le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, et le Président somalien Hassan Sheikh Mohamud. Photo: ministère des affaires étrangères du R-U.

7 mai 2013 – Lors de la Conférence pour la Somalie, qui s'est déroulée mardi à Londres avec l'appui des Nations Unies, le Vice-Secrétaire général, Jan Eliasson, a exhorté les représentants de plus des 50 pays et organisations à soutenir le programme du gouvernement somalien pour consolider ses institutions et à « aider le pays à prendre un nouveau départ ».

« Nous avons connu des exemples d'assistance internationale mal coordonnée. Alors que nous nous préparons à lancer un nouveau pacte, soutenons la Somalie et son gouvernement en parlant d'une seule voix et en proposant une vision commune », a déclaré M. Eliasson.

Conjointement organisée par le Président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, et le Premier ministre britannique, David Cameron, la conférence s'est déroulée à « un moment crucial » pour une nation qui se reconstruit après deux décennies d'affrontements, comme le note le communiqué final.

En 2011, les insurgés islamistes d'Al-Shabaab se sont retirés de la capitale Mogadiscio et l'année suivante, de nouvelles institutions gouvernementales ont été établies, alors que le pays concluait une phase de transition de huit ans pour mettre en place un gouvernement véritable et démocratiquement élu.

« La lourde responsabilité du gouvernement somalien consiste à rédiger une constitution et à préparer des élections en l'espace de seulement trois ans », a rappelé M. Eliasson, faisant référence à la date-butoir de 2016.

Le numéro 2 de l'ONU a également mentionné les quatre priorités du gouvernement, qui ont servi de base à la Conférence de Londres: la sécurité, la primauté du droit, la coordination de l'aide internationale et la protection des citoyens.

« L'objectif reste pour les Somaliens de pouvoir assurer leur propre sécurité sans aide extérieure », a-t-il déclaré, ajoutant que des institutions « capables » et « responsables » étaient nécessaires pour y parvenir.

Les structures sécuritaires sont soutenues depuis 2007 par la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), qui bénéficie elle-même de l'appui du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) et du Bureau d'appui des Nations Unies à l'AMISOM.

Le mois prochain, ces missions seront intégrées au sein de la toute nouvelle Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), dont le mandat, qui débutera le 3 juin, est en phase avec les priorités énoncées par M. Eliasson.

Dans le communiqué final de la Conférence, les participants reconnaissent le rôle des Nations Unies et de l'Union africaine en Somalie et se félicitent de leur engagement en faveur d'un partenariat stratégique renforcé.

Les participants expriment également leur soutien aux efforts en cours du gouvernement fédéral somalien « pour établir des eaux somaliennes reconnues au niveau international » en luttant contre la piraterie, mais aussi la pêche illégale et le déversements de déchets toxiques.

Ces questions figureront à l'ordre du jour de la conférence des Émirats arabes unis, prévue à Dubaï les 11 et 12 septembre, précise le communiqué.

S'agissant de la deuxième priorité – la primauté du droit –, M. Eliasson a souligné l'importance d'une police, de tribunaux, de prisons opérationnels afin de garantir la sécurité et l'autorité de l'État.

Les récente attaques meurtrières contre le palais de justice de Mogadiscio et l'assassinat du Vice-Procureur de la République ont été condamnés par le Secrétaire général et d'autres hauts fonctionnaires de l'ONU, préoccupés par la fréquence avec laquelle les magistrats et le système judiciaire dans son ensemble, sont pris pour cible.

M. Eliasson a par ailleurs salué l'opportunité qui a été donnée aujourd'hui aux participants de discuter de la réforme des finances publiques de la Somalie, qui a été saluée pour ses efforts de lutte contre la corruption. Le communiqué final relève toutefois « l'écart existant entre les ressources dont dispose le gouvernement et le besoin urgent de payer les salaires des fonctionnaires ».

En Somalie, les femmes et les enfants sont les principales victimes de la guerre, comme des violences sexuelles, a noté M. Eliasson. Il a assuré que l'ONU soutiendrait le gouvernement somalien dans la protection de ces derniers et dans la facilitation de leur accès à la justice.

En marge de la Conférence de Londres, le gouvernement somalien et les Nations Unies ont publié un communiqué conjoint sur la prévention des violences sexuelles, qui souligne l'engagement du gouvernement à faire face à ce problème et leur volonté de ne pas tolérer l'impunité et de poursuivre les responsables en justice.


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