Région des Grands Lacs : l'Envoyée spéciale Mary Robinson présente au Conseil de sécurité son « cadre de l'espoir »

L’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, s'exprime par visioconférence devant les membres du Conseil de sécurité, le 6 mai 2013. Photo: ONU/Devra Berkowitz

6 mai 2013 – L'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour les Grands Lacs, Mary Robinson, a présenté, lundi, au Conseil de sécurité, son « cadre de l'espoir », le document dans lequel elle définit sa vision de la mise en œuvre d'un accord de paix récemment conclu par les pays de la région.

« Je pense que cette réunion [du Conseil] a lieu à un moment où se présente une nouvelle opportunité », a déclaré en visioconférence depuis Dublin Mme Robinson, pour qui il existe désormais des chances de remédier aux causes profondes du conflit qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Entre le 28 avril et le 5 mai, Mme Robinson, l'ancienne Présidente de l'Irlande et Premier Chef d'État à se rendre au Rwanda en 1994, au lendemain du génocide, a effectué sa première tournée régionale en tant qu'Envoyée spéciale, pour promouvoir et superviser la mise en œuvre par les pays signataires de l'Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, conclu en février 2013.

En signant cet Accord-cadre à Addis-Abeba, la RDC, l'Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l'Ouganda, la Tanzanie et la Zambie se sont mis d'accord pour protéger la souveraineté territoriale et préserver la paix et la stabilité de la RDC en développant des relations de confiance mutuelle.

Au Conseil de sécurité, Mary Robinson a affirmé qu'elle avait clairement expliqué aux responsables gouvernementaux africains que son approche serait « différente ». L'objectif de ma première mission dans la région avait notamment pour objectif de solliciter les vues des chefs d'État et de gouvernement sur la mise en œuvre de l'Accord-cadre, a-t-elle expliqué.

Sa visite en RDC, a précisé Mme Robinson, s'est déroulée dans un « contexte de tensions » alimenté par les déclarations des rebelles du M23 en réaction au déploiement d'une brigade d'intervention au sein de la Mission de stabilisation des Nations unies en RDC (MONUSCO). Cette brigade sera chargée de mener des opérations offensives ciblées contre les groupes qui menacent la paix et la sécurité dans l'est de la RDC. Suite à cette annonce, le M23 aurait assuré qu'il ne participerait plus aux pourparlers en cours à Kampala.

À Kinshasa et à Goma, a précisé l'Envoyée spéciale aux membres du Conseil, « l'écrasante majorité des Congolais que j'ai rencontrés ont accueilli avec enthousiasme le déploiement de la brigade, un sentiment bien compréhensible ».

Cette unité, a-t-elle souligné, est un « outil important », qui doit être considéré comme « élément d'un processus politique beaucoup plus vaste visant à trouver une solution globale à la crise dans l'est de la RDC ». Selon elle, il est également essentiel que cette brigade respecte pleinement les droits de l'homme et le droit international humanitaire dans le cadre de ses opérations.

Mary Robinson s'est faite aussi l'écho de « quelques développements positifs » en provenance de la région. Comme le Président de la RDC, Joseph Kabila, les Présidents de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi l'ont assurée de leur volonté de s'acquitter de leurs engagements au titre de l'Accord-cadre.

« Il est encourageant de constater que les dirigeants de la région, notamment les Présidents Kabila et Kagame [du Rwanda], poursuivent leur dialogue, soit au niveau bilatéral, soit sous les auspices de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. » En Ouganda, l'Envoyée spéciale a eu également des discussions « fructueuses » avec le Président Museveni et le Facilitateur des pourparlers de Kampala, le Ministre ougandais de la défense, Crispus Kiyonga.

Lors de ses échanges à Pretoria avec la Ministre sud-africaine des relations internationales et de la coopération, elle a pris note de « mesures encourageantes » que son gouvernement a prises ou envisagées pour renforcer son partenariat économique avec la RDC et aider Kinshasa dans les domaines de la bonne gouvernance, de l'agriculture, des infrastructures et le recouvrement des recettes.

De telles initiatives économiques sont des « mesures positives qui pourraient contribuer à au rétablissement de la confiance régionale », a insisté Mme Robinson, qui s'est également félicitée de la bonne volonté manifestée par la communauté des donateurs et les institutions financières internationales, en particulier la Banque mondiale, pour aider la région des Grands Lacs.

L'Envoyée spéciale a annoncé au Conseil qu'elle se rendrait le 28 mai à Paris pour assister à une réunion du Groupe de contact international sur les Grands Lacs, où elle a l'intention d'encourager les participants à coordonner leurs efforts.


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