Le HCDH très préoccupé par les combats qui font rage dans le nord du Nigeria

Une voiture incendiée lors de la répression contre le groupe islamiste Boko Haram, au Nigéria, en juillet 2011. Photo : Aminu Abubakar/IRIN

3 mai 2013 – Le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme (HCDH) a réitéré vendredi son appel au gouvernement nigérian pour qu'il respecte les principes des droits de l'homme dans le cadre des affrontements auxquels ses forces de sécurité se livrent avec les militants islamistes de Boko Haram dans une partie reculée du Nigeria, où 200 personnes au moins auraient été tuées et plus de 2.000 logements endommagés, et à faire traduire les responsables en justice.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le nombre considérable de victimes, parmi elles de nombreux civils, et la destruction massive de maisons et de biens, ainsi que par les déplacements de populations qui ont été observés au cours des dernières semaines dans le nord-est du Nigeria », a déclaré aujourd'hui le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse donné à Genève.

« Nous appelons le gouvernement nigérian à s'assurer que ses efforts pour rétablir la sécurité soient conformes aux principes des droits de l'homme », a poursuivi M. Colville. « Nous exhortons les forces de sécurité et l'armée à respecter les droits humains, à éviter l'usage excessif de la force dans le cadre de leurs opérations, car elles ne font qu'alimenter le ressentiment, en particulier lorsque des civils sont tués ou leur propriétés endommagées. »

Le HCDH, a-t-il toutefois ajouté, se félicite de l'engagement du président Goodluck Jonathan à faire traduire en justice tous ceux qui ont été impliqués dans des violations des droits humains perpétrées lors de l'attaque à Baga. Il exhorte le gouvernement nigérian à ouvrir une « enquête complète et impartiale » à ce sujet.

Les combats à Baga, une ville située sur la rive du lac Tchad, ont éclaté la nuit du 16 avril et se sont poursuivis pendant plusieurs jours. Selon le Haut Commissariat, les violences ont été déclenchées par le meurtre, lors d'une patrouille, d'un soldat nigérian, tué par les extrémistes de Boko Haram.

Au lendemain de l'attaque, le Secrétaire général Ban Ki-moon s'était immédiatement dit « choqué et attristé » par les pertes civiles, appelant toutes les parties concernées à respecter pleinement les droits de l'homme et à protéger les civils.

« Nous réitérons notre demande pour que des efforts concertés soient déployés contre les flambées répétées de violences dans le nord-est du Nigeria et les cycles d'attaques et de représailles meurtrières », a insisté M. Colville.

Dans le cadre d'une action globale visant à enrayer la violence par d'autres moyens que la force, le Président Jonathan a établi un comité chargé de déterminer les modalités d'une amnistie et de l'indemnisation des victimes, ainsi que d'ouvrir des négociations avec Boko Haram. Le Haut Commissariat s'est félicité de la création de la Commission, qu'elle considère comme un « pas important ».

Le Bureau a cependant demandé que les auteurs de violations graves des droits de l'homme, dans les rangs de l'armée ou de Boko Haram, ne se voient pas accordés d'amnistie.

Ce groupe serait responsable d'enlèvements, de meurtres et d'assassinats de civils, des politiciens, de membres d'institutions gouvernementales, de forces de sécurité et de ressortissants étrangers. L'an dernier, plus de 100 personnes ont été tuées par Boko Haram lors d'attaques contre des églises situées dans l'État de Kaduna.


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