Armes chimiques : Ban renouvelle son appel à la Syrie pour qu'elle autorise le déploiement de la mission d'enquête

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (au pupitre) s'adresse aux journalistes avant de s'entretenir avec Ã…ke Sellström (à gauche), le chef de la mission d'enquête sur les allégations d'emploi d'armes chimiques en Syrie. Photo: ONU/Eskinder Debebe

29 avril 2013 – Le Secrétaire général Ban Ki-moon a renouvelé lundi son appel au gouvernement syrien pour qu'il ménage un accès sans entraves à l'équipe des Nations Unies chargée d'enquêter sur les allégations d'emploi d'armes chimiques lors du conflit, juste avant de rencontrer ce matin le chef de cette mission.

« Une enquête crédible et complète exige un accès sans entraves à tous les sites où des armes chimiques auraient été utilisées. J'exhorte une fois de plus les autorités syriennes à permettre le déploiement de cette mission dans les meilleurs délais et sans conditions préalables », a déclaré M. Ban devant les journalistes, juste avant son entrevue avec Åke Sellström.

M. Sellström, un scientifique suédois, a été nommé il y a un mois à la tête de la mission d'établissement des faits, qui a été mise sur pied à la demande du gouvernement syrien. Son objectif initial était d'enquêter sur les allégations d'utilisation d'armes chimiques dans la région de Kfar Dael, située dans le gouvernorat d'Alep.

L'équipe, qui patiente actuellement à Chypre, n'a pas été en mesure de se rendre en Syrie jusqu'à présent, mais se tient prête à un déploiement éventuel.

« C'est un moment crucial de nos efforts pour dépêcher l'équipe sur le terrain afin de lui permettre de s'acquitter de cette tâche importante », a estimé M. Ban. « Je prend au sérieux les récentes informations fournies par les États-Unis au sujet de l'emploi d'armes chimiques en Syrie. Les activités sur place sont essentielles si les Nations Unies veulent […] dissiper tous les doutes entourant cette question. »

Même s'ils attendent d'obtenir le consentement de la Syrie pour entrer dans le pays, M. Sellström et ses collègues ont fait tout leur possible à distance pour réunir et analyser les informations disponibles, a noté le chef de l'ONU. Ces activités pourraient inclure des déplacements dans différentes capitales.

Aujourd'hui est également la Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique, observée chaque année le 29 avril. « Alors que nous examinons ces allégations, j'encourage toutes les parties concernées à nous permettre de faire la lumière sur les destructions haineuses causées par les armes chimiques », a plaidé le Secrétaire général.

Dans un autre message adressé à cette occasion, M. Ban a exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts pour débarrasser le monde des armes chimiques, ainsi des autres armes de destruction massives.

« Cette année, la Journée est célébrée à un moment où le spectre des armes chimiques hante à nouveau le monde. Les allégations selon lesquelles ces armes odieuses, qui frappent sans discrimination, auraient été récemment utilisées en Syrie nous rappellent que la Convention sur les armes chimiques conserve toute son importance. »

« La Convention est un instrument à la fois pratique et mobilisateur. Conçue pour favoriser l'élimination des armes chimiques et les utilisations pacifiques des produits de la chimie, elle est aussi très symbolique puisqu'elle dit le refus catégorique des États parties de voir se répéter les horreurs du passé »

Notant que 80% des agents de guerre chimique avaient été détruits de façon vérifiable, M. Ban a estimé que ces progrès constants témoignaient de l'efficacité de la Convention et des travaux de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.

« Mais comme le montre l'actualité, nous devons rester vigilants. La menace des armes chimiques demeure réelle, et huit États ne sont pas parties à la Convention. Tant que celle-ci ne sera pas universelle et que les derniers stocks n'auront pas été détruits, nous n'aurons pas payé notre dette aux victimes de la guerre chimique. »

Plus tôt ce mois-ci, M. Ban avait appelé les 188 États parties à la Convention à faire tout leur possible pour convaincre d'adhérer à cet instrument les huit derniers qui ne l'ont pas encore fait : l'Angola, l'Egypte, Israël, le Myanmar, la République populaire démocratique de Corée, la Somalie, le Soudan du Sud et la Syrie.


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