Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture «profondément déçu» de l'annulation de sa visite à Bahreïn

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez. ONU Photo/Jean-Marc Ferré

24 avril 2013 – Un expert indépendant des Nations Unies a exhorté mercredi les autorités de Bahreïn à honorer leurs engagements et à lui permettre de se rendre dans le pays pour y déterminer si des actes de torture ou des traitements cruels y ont été infligés.

« C'est la seconde fois que ma visite est repoussée, au tout dernier moment. C'est effectivement une annulation dans la mesure où aucune date alternative n'a été proposée […] », explique le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Juan E. Méndez, dans un communiqué de presse.

Celui-ci ajoute qu'il est « profondément déçu » par cette décision d'annuler son déplacement, prévu de 8 au 15 mai, et qui avait été pourtant planifié « dans un esprit de coopération ».

La décision du gouvernement fait suite à une nouvelle semaine d'affrontements entre manifestants et forces de sécurité et à des informations critiquant « l'échec » de Bahreïn à faire traduire en justice les responsables d'actes de torture depuis 2011.

Dans une lettre remise au Rapporteur spécial le 22 avril, lors d'une réunion à Washington, le gouvernement indique que le dialogue national dans le pays a pris de manière inattendue plus de temps que prévu et que la mission de l'expert pourrait compromettre gravement les chances de succès de ce processus.

Parallèlement, dans une déclaration reprise par les médias, le gouvernement assure que c'est M. Méndez qui a « repoussé » sa visite.

L'expert a répondu que cette décision « unilatérale » était exclusivement le fait du gouvernement. « Malheureusement, ce n'est pas la première fois que le gouvernement n'assume pas ses responsabilités dans le report de ma visite, qui est supposée avoir eu lieu il y a plus d'un an. »

M. Méndez a exhorté les autorités à honorer les engagements pris par Bahreïn en septembre 2012 en vertu de l'Examen périodique universel, qui prévoit notamment de faciliter une visite de l'expert mandaté par le Conseil des droits de l'homme sur la torture, et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

« J'essaierai de poursuivre le dialogue avec les autorités du Bahreïn au sujet des violations de mon mandat et en surveillant de près la situation sur place, y compris s'agissant de la réhabilitation des victimes », a-t-il souligné.


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