Fardeau des pays riches et pauvres, la dette menace l'agenda de développement de l'ONU

Le Siège du FMI à Washington. Photo: FMI/Henrik Gschwindt de Gyor

23 avril 2013 – La dette, qui n'est plus exclusivement le fardeau des pays pauvres, pèse lourdement sur les programmes de développement et plus généralement sur l'économie mondiale, ont prévenu mardi de hauts fonctionnaires des Nations Unies lors d'une réunion spéciale consacrée aux mécanismes de restructuration de la dette souveraine et de son règlement.

« La différence entre la crise d'aujourd'hui et les crises du passé, c'est que les problèmes liés à la dette souveraine ne sont plus limités aux marchés émergents ou aux pays à faible revenu », a expliqué le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), Nestor Osorio.

« Pour réaliser le développement durable, la communauté internationale doit promouvoir des prêts et des emprunts raisonnables, assortis d'une gestion viable de la dette », a-t-il recommandé.

Cette réunion se tenait au lendemain celle que l'ECOSOC tient, chaque année, avec les institutions financières internationales, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur la cohérence, la coordination et la coopération dans le contexte du financement du développement durable et du programme de développement pour l'après-2015.

D'après un rapport du Secrétaire général, la dette totale combinée des pays en développement et des économies en transition a dépassé 4.000 milliards à la fin 2010, avec une hausse annuelle de 12% depuis.

« Les pays endettés sont généralement incapables d'attirer les investissements nécessaires pour financer le développement durable », a observé M. Osorio. Il a ajouté que les pays surendettés consacrent souvent une large partie de leurs dépenses publiques à résorber leur dette plutôt qu'au développement durable.

Egalement présente lors de cette table ronde, la Sous-Secrétaire générale au développement économique au Département des affaires économiques et sociales, Shamshad Akhtar, a souligné l'importance de combler les lacunes dans la gestion de la dette au travers de la restructuration, de la réponse rapide et de la coordination.

« Il faut lancer un processus qui permettrait aux créanciers de réagir rapidement et leur donnerait un canal pour communiquer avec le débiteur », a-t-elle affirmé, notant que les clauses d'action collective n'étaient pas suffisantes. Les règles et procédures devront apporter des solutions efficaces dans la restructuration de la dette souveraine, a assuré Shamshad Akhtar.

Elle a plaidé en faveur d'un système de règles et de procédures applicables en matière de restructuration de la dette souveraine, et notamment de l'adoption de règles de priorité entre tous les créanciers publics et privés, ainsi que d'un mécanisme de règlement des litiges.

Parallèlement, le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Supachai Panitchpakdi, a estimé qu'il y avait trois leçons à tirer des expériences passées. La première, c'est que les pays ont tendance à sous-estimer l'ampleur de leur endettement et à adopter des programmes économiques trop optimistes.

La seconde leçon, c'est qu'ils sont souvent lents à adopter des mesures de restructuration de leur économie afin de sortir du cycle de la dette, et la troisième que les problèmes de dette des grandes économies mondiales sont de plus en plus importants, et donc à traiter de toute urgence, car les problèmes affectant ces pays pourraient avoir des répercussions négatives sur bien d'autres.

Aussi le Secrétaire général de la CNUCED a-t-il plaidé pour que la communauté internationale mette en place des normes qui fixent les responsabilités des pays emprunteurs et prêteurs afin de pallier au contexte d'irresponsabilité et d'imprudence toujours en vigueur.


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