Les migrations peuvent présenter des opportunités de croissance économique et sociale, affirme Ban

Des travailleurs migrants en Jordanie. Photo: IRIN/Maria Font de Matas (photo d’archive)

22 avril 2013 – Lors de l'ouverture lundi de la session de travail de la Commission sur les populations et le développement, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné que le défi de cette année était d'ouvrir la voie au deuxième Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement.

« La migration est un phénomène d'actualité dans le monde globalisé. Que ce soit à l'intérieur des pays ou à travers les frontières, la migration rassemble les gens », a affirmé M. Ban, en précisant qu'elle présentait des défis qu'il faut relever et offrait des avantages qu'il faut capitaliser. « La question est de savoir comment planifier de tels mouvements et d'en tirer le maximum de bénéfices ».

Selon le dernier rapport du Secrétaire général sur les tendances mondiales des migrations, le nombre total de migrants a augmenté de 155 millions en 1990 à 214 millions en 2010. Le nombre de personnes qui se déplacent à l'intérieur de leur pays reste nettement plus important que celui des personnes qui vont d'un pays à un autre.

Le Secrétaire général a indiqué que les discussions au cours des années avaient permis de définir cinq objectifs clefs, dont l'établissement des canaux de migrations sûrs et légaux, adapter les politiques migratoires aux demandes du marché du travail, régler les problèmes auxquels sont confrontés les migrants qui n'ont pas de statut juridique, la promotion de l'intégration dans les sociétés d'accueil et faciliter le retour des migrants et la migration circulaire afin que les migrants puissent revenir chez eux au bon moment.

De son côté, le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Babatunde Osotimehin, a indiqué que la migration occupe une place de taille au sein des consultations que mène le FNUAP sur les « dynamiques de la population » dans le cadre du programme pour le développement post-2015.

« Les migrants ne sont pas des chiffres, mais des êtres humains dotés de droits inaliénables », a souligné M. Babatunde pour qui la protection de ces droits doit figurer en tête de l'agenda politique. Il a appelé à des plans d'action nationaux pour sensibiliser les populations à la situation des migrants, ainsi qu'à la mise en place de cadres propres à renforcer l'accès des migrants à la protection sociale, notamment la santé sexuelle et reproductive, et la planification familiale.

Mettant en avant les contributions des migrants au développement tant de leur pays d'origine que des pays de destination, le Directeur exécutif du FNUAP a également jugé nécessaire de faire figurer des politiques visant à renforcer l'aspect positif de la migration dans le programme de développement post-2015.

M. Babatunde a fait observer que les femmes et les filles représentent désormais près de la moitié des migrants internationaux et que dans certaines régions, elles dépassent en nombre les hommes. Il a averti que la migration féminine s'accompagne souvent des cas d'exploitation, d'abus et de traite, notamment dans les secteurs informels et non réglementés de l'économie où les femmes sont prédominantes.

Il a également signalé que les jeunes, de 15 à 24 ans, représentent 12% de la population migrante internationale, mais que malgré leur « nombre significatif », ils figurent rarement dans les débats et politiques sur la migration.

« Les jeunes voient souvent dans la migration l'occasion de saisir de nouvelles opportunités et la possibilité d'affirmer leur propre identité, mais dans un environnement peu familier et en l'absence de systèmes d'appui social, certaines d'entre eux arrêtent leurs études, ont des comportements à risque ou sont victimes de violence et d'exploitation », a affirmé M. Babatunde.

M. Babatunde a évoqué l'examen, en 2014, du suivi de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) et a exhorté les États Membres à renouveler leur engagement à mettre en œuvre les objectifs fixés. Il s'est félicité de ce que le Sommet sur la planification familiale, qui s'est déroulé à Londres en juillet 2012, avait permis de mobiliser une somme de 2,6 milliards de dollars qui permettra à 120 millions de femmes et d'adolescentes d'avoir accès, d'ici à 2020, à des services de planification familiale. Il a fait observer que ces services manquent cruellement en Afrique subsaharienne où les taux de pauvreté et de croissance démographique sont les plus élevés. Ce sont là les deux facteurs qui, a–t-il fait observer, poussent souvent les personnes à partir.

M. Babatunde a appelé à la mobilisation des ressources pour mettre en œuvre l'agenda de la CIPD et a réclamé des politiques migratoires fondées sur des faits et des données fiables sur les causes de la migration, son lien avec le développement, l'impact des envois de fonds, l'autonomisation des femmes dans le contexte migratoire, le rôle de la diaspora et l'impact de la migration sur l'environnement.


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