Syrie : l'Envoyé de l'ONU et de la Ligue arabe exhorte le Conseil de sécurité à agir face à une crise d'une «extrême gravité»

Le Représentant spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue des États arabes pour le conflit en Syrie, Lakhdar Brahimi. Photo ONU/Rick Bajornas

19 avril 2013 – Le Représentant spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue des États arabes pour le conflit en Syrie, Lakhdar Brahimi, a réitéré vendredi ses appels répétés au Conseil de sécurité pour qu'il agisse face à « une crise d'une extrême gravité » en Syrie.

« La situation est extrêmement grave et nous avons besoin d'une action du Conseil de sécurité », a résumé M. Brahimi à la sortie de consultations à huis clos avec les 15 membres de l'organe chargé de la paix et de la sécurité internationales.

« L'opposition et le gouvernement doivent accepter le principe de négociations et reconnaître qu'elles sont absolument nécessaires », a-t-il poursuivi.

Selon les dernières estimations de l'ONU, 6,8 millions de Syriens ont besoin d'aide, dont 4,25 millions déplacées à l'intérieur des frontières, auxquelles viennent s'ajouter 1,3 million de réfugiés dans les pays frontaliers de la Syrie, pays où plus de 70.000 personnes ont trouvé la mort depuis que les forces de l'opposition ont pris les armes contre le régime du Président Bachar Al-Assad.

Le Représentant spécial conjoint a expliqué aux journalistes qu'il avait essayé de faciliter la mise au point d'un « plan syrien », en menant des consultations avec les parties prenantes et les 15 membres du Conseil de sécurité, en particulier la Fédération de Russie et les États-Unis.

« Avec les Syriens, je ne suis arrivé nulle part. Avec le Conseil de sécurité, en particulier les Américains et les Russes, nous avons fait quelques progrès, mais ils sont encore trop limités », a reconnu M. Brahimi.

Il s'est toutefois félicité du début de dialogue américano-russe à ce sujet et du fait que le Conseil était conscient de l'extrême gravité de la situation. « S'ils en sont vraiment convaincus, les membres de ce Conseil n'ont pas de temps à perdre », a souligné M. Brahimi.

Hier, le Conseil a entendu des interventions de hauts fonctionnaires des Nations Unies, notamment de la Coordonatrice des secours d'urgence, Valerie Amos, qui a expliqué les défis colossaux auxquels se heurtent les agences humanitaires sur le terrain pour venir en aide aux populations en détresse.

Répondant à des journalistes, M. Brahimi a par ailleurs écarté les rumeurs selon lesquelles il avait l'intention de démissionner : « Chaque matin, je me dis que je devrais démissionner, mais je ne l'ai pas encore fait. »


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